samedi 13 avril 2024

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Un village sans pauvreté

Marinaleda est un village de 2 700 habitants entre Séville et Cordoue. Fin des années 1970, après la dictature franquiste, il y a les premières élections libres. Les habitants votent pour un maire original : M. Gordillo. C’est un homme de gauche, anticapitaliste. En 1980, les habitants et le maire veulent récupérer un terrain qui appartient à un duc qui ne l’entretient plus. Au nom de « la terre appartient à ceux qui la travaillent », ils occupent le terrain et font des actions en justice. En 1991, ils ont enfin la terre. Ils créent une coopérative agricole. Ils construisent une usine de conserve de légumes, fabriquent de l’huile d’olive.
Même si le maire Gordillo a une forte personnalité. Depuis plus de 30 ans, il est réélu à chaque élection. En 2014, M. Gordillo est toujours le maire de Marinaleda.
Et dans ce village, depuis la fin des années 1970, les habitants décident ensemble de ce qu’il faut faire dans la commune. Ils travaillent dans des coopératives. Ils sont donc tous propriétaires d’une partie de l’entreprise. Les bénéfices servent à créer des emplois. Il n’y a pas de chômeurs. Et pour le logement ? Pour cela aussi, la commune a eu une idée originale. Une idée originale qui, depuis les années 1980, se réalise sur le terrain.

15 euros par mois

Marinaleda a connu de gros problèmes de logement. Il y avait parfois trois générations qui vivaient dans la même maison. Une situation pas toujours facile à vivre : des jeunes, leurs parents et leurs grands-parents dans une même maison, et le manque de place… Dans les années 1980, la mairie décide d’acheter ou de récupérer des terrains pour construire de logements sociaux. Et elle demande aux jeunes s’ils veulent avoir une maison. Au début, cinquante jeunes répondent oui. Aujourd’hui, plus de mille personnes vivent dans les maisons proposées par la commune. En 2011, plus de 350 maisons ont été construites. Et ce n’est pas fini : les terrains de la mairie permettent d’en construire plus de mille. Et le loyer est de …15 euros par mois. Comment est-ce possible ?
La commune donne le terrain. Et ce terrain représente plus de 60% de la valeur finale de la maison. La commune offre les maçons et l’architecte. La région finance les matériaux. Donc pour les futurs habitants, tout cela est gratuit. En échange, ils doivent participer à la construction de leur maison. Ils travaillent, conseillés par des professionnels engagés par la mairie. Ils peuvent faire appel à de la famille et à d’autres habitants pour les aider. Mais pas question pour les habitants qui en ont les moyens de payer des professionnels extérieurs pour construire leur maison. C’est de l’auto-construction. La maison est construite après 300 ou 400 jours. La construction se fait sur plusieurs années car la plupart des habitants ont un travail.

Maisons durables

Les maisons font 90 mètres carrés avec un étage, une petite terrasse et, derrière, une cour de 100 mètres carrés. Il y a une cuisine, un salon, 3 chambres, une salle de bain, des toilettes. Les maisons sont construites pour utiliser au maximum l’énergie solaire. Et le soleil ne manque pas en Andalousie. Les habitants paient quand même un loyer. Un loyer très faible : 15 euros par mois ! Mais c’est un loyer pour devenir propriétaire. La commune garantit que les enfants des habitants hériteront de la maison puis les enfants de leurs enfants et ainsi de suite. Il y a une seule condition : même quand ils sont propriétaires, les habitants ne peuvent pas vendre leur maison. C’est pour éviter que des habitants ne profitent d’une « bonne affaire » en vendant leur maison. A Marinaleda, on ne construit pas que des logements sociaux. Comme de plus en plus de femmes ont trouvé un travail, la commune a construit une garderie. Les parents paient 12 euros par mois pour la garde de leur enfant. Il y a aussi une salle de sports, une piscine, un terrain de football, des terrains de tennis. Tout cela est gratuit. Et malgré tout ça, la commune n’a pas augmenté les impôts. Le taux d’imposition à Marinaleda est le plus bas de tout l’Andalousie…

Une émission de France inter sur le sujet

Une réponse

  1. Un village sans pauvreté
    Bravo pour ce reportage, fait avec beaucoup d’originalité. C’est un message d’espoir, car les médias nous font vivre dans une éternelle sinistrose, à quoi bon, on ne peut rien faire, c’est ainsi, mais c’est aussi grâce aux convictions d’un homme qui a pu se faire entendre et qui a été entendu et suivi dans cette utopie qui est devenue réalité.

    Beau message pour entamer cette année 2015. Que je vais montrer aux jeunes dans le cadre de ma profession.

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