mercredi 19 juin 2024

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Qui sont les gilets jaunes ?

Voici l’avis de 2 chercheurs qui ont observé les manifestations des gilets jaunes des 17 et 24 novembre en France. Ce n’est pas une analyse scientifique complète, ce sont des premières remarques.
Sur le site de la revue française Contretemps, un chercheur a fait une première analyse du mouvement des gilets jaunes dans les campagnes. Ce chercheur, c’est Benoît Coquard, sociologue à l’INRA spécialiste des milieux ruraux. Benoît Coquard a passé la journée sur les barrages le 17 novembre. Le 17 novembre était la première grande journée de mobilisation des gilets jaunes. Il a constaté plusieurs choses qui confirment ses autres travaux de recherche en milieu rural. Voici quelques-unes de ces remarques.

Nombreux

Les gilets jaunes étaient nombreux à manifester dans les régions rurales. Pourtant, dans ces campagnes, les gens n’ont pas l’habitude de manifester et ce sont des régions peu peuplées.

Des femmes

Il y avait presque autant de femmes que d’hommes. Pourtant d’habitude, ce sont souvent les hommes qui vont manifester et plus encore dans le milieu rural.

Des gens populaires

Les gens qui manifestaient viennent souvent des classes populaires et intermédiaires. Ce sont souvent des gens qui ont un métier manuel et qui ont peu de diplômes. Le sociologue explique : « J’ai demandé la profession d’environ 80 personnes. Dans une région déjà très ouvrière, à 9 exceptions près (professions intermédiaires du privé, artisans, agriculteurs), celles et ceux que j’ai rencontrés appartiennent sans surprise aux classes populaires.
C’était des femmes employées et des hommes ouvriers. Puisqu’on était samedi, c’était surtout des gens qui travaillent dans les grandes boites et qui étaient en weekend, il y avait aussi des chômeurs. D’autres salariés des petites entreprises les ont rejoints dans l’après-midi après le travail. »

Politiquement incertains

Dans les médias, on dit souvent que les gilets jaunes viennent de milieux très différents. Pour le sociologue, il y a bien plusieurs générations dans les gilets jaunes, mais ces gens d’âges différents ont un style de vie assez proche. Toujours selon le sociologue, les barrages que font les gilets jaunes permettent aux gens de se rencontrer. Ils ont aussi le soutien de beaucoup d’automobilistes. « Dans les zones rurales en déclin où les lieux de vie comme les bistrots ont massivement fermé, où l’emploi s’individualise et les associations disparaissent, se retrouver pour faire un barrage, c’est « un moyen de recréer du lien et d’avoir le sentiment de se rattacher à une histoire plus large aussi. »

Déçus par les partis et les syndicats

Il y a bien sûr des gilets jaunes qui ont voté extrême droite car Marine Le Pen a fait de gros scores dans les campagnes. Mais, il ne faut pas aller trop vite pour classer politiquement les gilets jaunes : « ils ont une appartenance politique incertaine », écrit le chercheur. En fait, beaucoup de gilets jaunes sont déçus des partis et des syndicats traditionnels.

A la campagne

Un autre chercheur spécialiste de la population française, le géographe Hervé Le Bras confirme « l’appartenance politique incertaine » des gilets jaunes. Après la deuxième grande journée de mobilisation des gilets jaunes le 24 novembre, il a fait des cartes pour voir les régions où il y a eu le plus de gilets jaunes qui ont manifesté le 17 novembre et 24 novembre en France. Il constate : « Ce ne sont pas dans les grandes villes que les gilets jaunes ont le plus manifesté. »

Extrême droite?

Et sur l’extrême droite ? On a souvent dit que les régions où il y a eu le plus de manifestants étaient des régions où le vote extrême droite était le plus élevé. Pour le géographe, ce n’est pas vrai. Le Bras montre que les gilets jaunes se sont surtout mobilisés dans les régions qui se vident de leur population et où l’on ferme les services publics (poste, transport en commun, école). Ces régions font une diagonale qui traverse le pays des Ardennes au Pays basque. Et Hervé Le Bras constate que ce ne sont pas les régions où Marine Le Pen a eu le plus de voix.

La carte des manifestations des gilets jaunes établie par le géographe Hervé Le Bras

D’autres analyses de chercheurs et de sociologues sur cette page de la radio France Culture , cliquer ici
L’interview du sociologue Benoît Coquard sur le site de la revue gratuite Contretemps , cliquer ici

Qui sont les gilets jaunes ?

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Voici l'avis de 2 chercheurs qui ont observé les manifestations des gilets jaunes des 17 et 24 novembre en France. Ce n'est pas une analyse scientifique complète, ce sont des premières remarques.
Sur le site de la revue française Contretemps, un chercheur a fait une première analyse du mouvement des gilets jaunes dans les campagnes. Ce chercheur, c’est Benoît Coquard, sociologue à l’INRA spécialiste des milieux ruraux. Benoît Coquard a passé la journée sur les barrages le 17 novembre. Le 17 novembre était la première grande journée de mobilisation des gilets jaunes. Il a constaté plusieurs choses qui confirment ses autres travaux de recherche en milieu rural. Voici quelques-unes de ces remarques.

Nombreux

Les gilets jaunes étaient nombreux à manifester dans les régions rurales. Pourtant, dans ces campagnes, les gens n’ont pas l’habitude de manifester et ce sont des régions peu peuplées.

Des femmes

Il y avait presque autant de femmes que d’hommes. Pourtant d’habitude, ce sont souvent les hommes qui vont manifester et plus encore dans le milieu rural.

Des gens populaires

Les gens qui manifestaient viennent souvent des classes populaires et intermédiaires. Ce sont souvent des gens qui ont un métier manuel et qui ont peu de diplômes. Le sociologue explique : « J’ai demandé la profession d’environ 80 personnes. Dans une région déjà très ouvrière, à 9 exceptions près (professions intermédiaires du privé, artisans, agriculteurs), celles et ceux que j’ai rencontrés appartiennent sans surprise aux classes populaires.
C'était des femmes employées et des hommes ouvriers. Puisqu’on était samedi, c’était surtout des gens qui travaillent dans les grandes boites et qui étaient en weekend, il y avait aussi des chômeurs. D’autres salariés des petites entreprises les ont rejoints dans l’après-midi après le travail. »

Politiquement incertains

Dans les médias, on dit souvent que les gilets jaunes viennent de milieux très différents. Pour le sociologue, il y a bien plusieurs générations dans les gilets jaunes, mais ces gens d’âges différents ont un style de vie assez proche. Toujours selon le sociologue, les barrages que font les gilets jaunes permettent aux gens de se rencontrer. Ils ont aussi le soutien de beaucoup d’automobilistes. « Dans les zones rurales en déclin où les lieux de vie comme les bistrots ont massivement fermé, où l’emploi s’individualise et les associations disparaissent, se retrouver pour faire un barrage, c’est « un moyen de recréer du lien et d’avoir le sentiment de se rattacher à une histoire plus large aussi. »

Déçus par les partis et les syndicats

Il y a bien sûr des gilets jaunes qui ont voté extrême droite car Marine Le Pen a fait de gros scores dans les campagnes. Mais, il ne faut pas aller trop vite pour classer politiquement les gilets jaunes : « ils ont une appartenance politique incertaine », écrit le chercheur. En fait, beaucoup de gilets jaunes sont déçus des partis et des syndicats traditionnels.

A la campagne

Un autre chercheur spécialiste de la population française, le géographe Hervé Le Bras confirme « l’appartenance politique incertaine » des gilets jaunes. Après la deuxième grande journée de mobilisation des gilets jaunes le 24 novembre, il a fait des cartes pour voir les régions où il y a eu le plus de gilets jaunes qui ont manifesté le 17 novembre et 24 novembre en France. Il constate : « Ce ne sont pas dans les grandes villes que les gilets jaunes ont le plus manifesté. »

Extrême droite?

Et sur l’extrême droite ? On a souvent dit que les régions où il y a eu le plus de manifestants étaient des régions où le vote extrême droite était le plus élevé. Pour le géographe, ce n’est pas vrai. Le Bras montre que les gilets jaunes se sont surtout mobilisés dans les régions qui se vident de leur population et où l’on ferme les services publics (poste, transport en commun, école). Ces régions font une diagonale qui traverse le pays des Ardennes au Pays basque. Et Hervé Le Bras constate que ce ne sont pas les régions où Marine Le Pen a eu le plus de voix.

La carte des manifestations des gilets jaunes établie par le géographe Hervé Le Bras

D'autres analyses de chercheurs et de sociologues sur cette page de la radio France Culture , cliquer ici
L'interview du sociologue Benoît Coquard sur le site de la revue gratuite Contretemps , cliquer ici

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