lundi 17 juin 2024

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Se loger, un droit !

L’article 23 de la Constitution belge dit : « Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. Ces droits comprennent notamment le droit à un logement décent. » Le terme « décent » signifie un logement accessible financièrement, de qualité (propre, confortable, sécurisé…) et adapté (à la taille de la famille). Etre bien logé est la base de l’accès à de nombreux autres droits : à la santé (bien dormir, se nourrir, se laver…), au travail (chercher ou exercer un travail), à l’éducation (étudier ou faire ses devoirs…)
Le logement est donc un droit fondamental. Tout le monde devrait y avoir accès. Pourtant, aujourd’hui encore, trop de personnes et de familles sont mal logées ou sans abri.

Pauvreté et logements chers

Les causes de ce qu’on appelle la « crise du logement » sont multiples. Tout d’abord, trouver un logement décent, quand on a peu de revenus, qu’on est mal payé ou sans emploi, c’est très compliqué. Beaucoup de gens n’ont pas assez d’argent. A Bruxelles, par exemple, 33% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Cela veut dire qu’une personne sur trois est considérée comme pauvre. Et les loyers sont de plus en plus chers. Le budget des familles consacré au payement (loyer ou remboursement du prêt hypothécaire) de leur logement ne cesse d’augmenter. Et à cette dépense, il faut encore ajouter d’autres dépenses liées au logement, comme les charges (électricité, chauffage, eau…) ou l’achat de matériaux (en cas de travaux, de réparation). Acheter un appartement ou une maison à Bruxelles est inaccessible pour beaucoup de gens.

Manque de logements ?

On pourrait croire que les prix des logements augmentent parce qu’il n’y a pas assez de logements par rapport aux demandes. Et pourtant, ce n’est pas le cas : Anne-Sophie Dupont, du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH), plateforme d’associations défendant le droit au logement, déclare : « On produit environ 3500 nouveaux logements chaque année dans la région bruxelloise. Or, les besoins s’élèvent à 1600 nouveaux logements par an. Pour l’instant, on produit donc deux fois plus de logements que ce que l’on a besoin. Le problème, c’est ce qu’on produit… » En effet, les logements actuellement construits ou disponibles à Bruxelles (et ailleurs) sont bien souvent très chers, privés ou de petite taille (donc plus rentables au mètre carré). Il y a aussi, dans les villes comme Bruxelles, beaucoup de projets de construction de bureaux et d’espaces commerçants, qui se louent à des prix très élevés.
Ces nouveaux projets de construction sont bien souvent entre les mains de puissants promoteurs immobiliers, des multinationales cotées en bourse et dont l’intérêt est de faire un maximum de profit. La coordinatrice du RBDH conclut : « On n’est pas face à une crise du logement, mais bien face à une crise du logement accessible. »

Droit de propriété privée et discriminations

Si une partie importante de la population n’a pas droit à un logement décent, c’est aussi parce qu’il y a un autre droit inscrit dans la Constitution : « le droit à la propriété privée ». Car les propriétaires qui mettent en location des appartements et des maisons ont eux aussi des droits.
Par exemple, la loi dit que le propriétaire et le locataire doivent fixer le loyer ensemble. Mais, dans la pratique, les propriétaires imposent le montant du loyer. De plus, les propriétaires ont la liberté de choisir leurs locataires. Même si la loi interdit de discriminer un candidat locataire sur base de toute une série de critères (son origine, sa nationalité, sa fortune, son sexe…), dans les faits, ça se passe autrement. Par exemple, les propriétaires ont le droit de demander une estimation des ressources financières, mais pas d’exiger que le candidat locataire ait un emploi. Et pourtant, certains propriétaires demandent des fiches de paie.
Les propriétaires ne peuvent pas non plus refuser un locataire à cause de son origine, mais malgré tout, certains propriétaires refusent de louer leur bien à des personnes d’origine étrangère. Ces propriétaires ne le disent évidemment pas, ils trouvent des prétextes comme ça, ils ne sont pas dans l’illégalité.

Le logement social, la solution ?

Pour réaliser le droit au logement, il y a le logement social. Les loyers y sont en principe moins chers et adaptés au personnes et familles à bas revenus. Il faut alors faire une demande de candidature à un logement social. Mais le souci, c’est qu’il n’y a pas assez de logements sociaux. L’attente est très longue, de plusieurs années ou dizaines d’années.

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