Informer vraiment, ce n’est pas se contenter de parler et de faire du spectaculaire. Informer, c’est rencontrer les gens dont on parle, c’est les écouter. C’est expliquer les choses. Voici quelques minutes d’un journal radio de la RTBF sur des manifestations d’élèves à Liège. C’est 3 minutes et 26 secondes de vrai journalisme.
Depuis plusieurs mois, les enseignants de la Fédération Wallonie-BruxellesPouvoir compétent pour les francophones de Wallonie et de Bruxelles. protestent contre les mesures de la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny. À leur tour, des élèves descendent dans la rue. Ils manifestent en solidarité avec leurs professeurs, et aussi pour défendre leur conditions d’apprentissage. A la télé et sur les réseaux sociaux, on voit beaucoup d’images de violences : des étudiants qui brûlent des poubelles, qui abiment du matériel. Il y a aussi des journalistes qui font vraiment leur travail. Ils ne s’arrêtent pas qu’aux choses spectaculaires. Quand ils vont sur le terrain, c’est pour rencontrer les gens, les écouter… Le 2 octobre, au journal de 17h de la RTBF radio, il y a eu un reportage formidable de 3 minutes 26 secondes sur les mouvements des étudiants.
Le 1er octobre, des élèves d’école de Liège ont manifesté, bloqué leur école, mis le feu à des panneaux et jeté quelques projectiles sur la police. Il y a eu 6 arrestations. Le 2 octobre, 500 à 600 élèves ont encore manifesté à Liège. Le journal radio de la 1ère de la RTBF a fait un reportage sur cette manifestation.
L’Essentiel vous donne le résumé du reportage, le reportage à écouter, et le texte complet du reportage.
On est le 2 octobre à 17h.
Résumons le reportage
Voici les informations les plus importantes du reportage sans entrer dans les détails.
À Liège, plusieurs centaines d’élèves du secondaire se sont rassemblés devant des écoles et dans le centre-ville. Des incidents ont eu lieu et plusieurs personnes ont été interpellées.
Le reportage de la RTBF s’intéresse surtout aux raisons de la colère des jeunes.
Sur le terrain, des élèves expliquent qu’ils veulent soutenir leurs professeurs et dénoncent leurs conditions d’apprentissage. Ils sont plus de 30 par classe. Les enseignants sont épuisés. Ils sont inquiets pour leur avenir et ils ont le sentiment de ne pas être écoutés.
Le reportage donne ensuite la parole à un représentant des élèves et un représentant de parents. Pour eux, les manifestations d’élèves révèle un malaise plus profond dans l’enseignement. Les conditions de travail des enseignants ont aussi des conséquences sur les conditions d’apprentissage des élèves. Les jeunes veulent aussi être davantage entendus et reconnus.
La RTBF rappelle enfin la position de la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny : elle appelle les élèves à retourner en classe et condamne les violences.
Écoutons le reportage
Durée : 3 minutes et 26 secondes
Lisons la transcription
Des élèves dans la rue à Liège
Quatre personnes ont été interpellées à Liège et une quinzaine du côté de Herstal. Des dégradations ont été constatées, mais dans l’ensemble, c’était beaucoup plus calme qu’hier.
Ces élèves du secondaire parlent de leurs conditions en classe et des conditions de travail de leurs professeurs.
La parole aux élèves par le journaliste David Wathelet
« Il y avait mes profs qui faisaient grève pendant longtemps à l’école d’Alleur, et je voulais les soutenir parce qu’il faut respecter maintenant les profs. »
« Grâce à eux, on va avoir un avenir. Du coup, on décide de faire le blocus pour tout améliorer dans nos écoles, etc., pour qu’on ait une vie un peu plus sereine. »
« Maintenant, en classe, on est plus de trente. C’est invivable. C’est invivable. »
« Si on ne réagit pas, qui va réagir ? Ce n’est pas le gouvernement qui va réagir. Ils ne nous écoutent pas. Du coup, on a besoin de nous faire entendre. »
« Madame Glatigny ne change pas les choses. Elle dit clairement au journal qu’elle ne changera pas son fusil d’épaule. Mais ce n’est pas grave parce que nous, on ne va jamais s’arrêter. On est tous là ensemble. Et c’est ça qui est beau aussi. C’est vraiment le fait qu’on se regroupe tous et qu’on se batte pour nos droits. Donc, on ne va pas s’arrêter. »
C’étaient des élèves liégeois rencontrés par David Wathelet.
Le bourgmestre de Liège et le chef de corps de la zone de police de Liège rencontreront ce week-end les pouvoirs organisateurs de l’enseignement secondaire afin de préparer la réouverture des écoles lundi.
D’où est parti ce mouvement des jeunes ? François Corbiau, on l’a entendu, leurs revendications sont multiples, sur l’école d’aujourd’hui et de demain.
Oui, rien d’étonnant de voir à nouveau les élèves dans les rues. Pour le Conseil des élèves francophones, ils sont en première ligne, aux côtés des profs. M. Verhoeven, son directeur.
« En voyant que leurs enseignants sont à bout de souffle aussi par rapport à la situation, voire peut-être certains qui se résignent un petit peu de ne pas pouvoir avoir pu changer les choses, les élèves, en fait, constatent que la détresse est toujours là et qu’eux, en fait, sont prêts à prendre le relais par rapport à cette mobilisation. »
Du côté des associations de parents d’élèves, le son de cloche est le même. Véronique Detier, elle est directrice de la FAPEO, association de parents d’élèves.
« On sent qu’il y a vraiment un gros malaise dans l’enseignement et que, globalement, ça affecte effectivement l’organisation des écoles, les conditions de travail des enseignants et, par conséquent, les conditions d’apprentissage des élèves. »
Mais pour elle, le malaise va plus loin. Elle parle aussi d’un manque de reconnaissance.
« La première vraie raison, et je pense que ça, c’est fondamental et ça doit interpeller le monde politique et, globalement, plutôt le monde des adultes, c’est : quand est-ce qu’on les entend ? Quand est-ce qu’on les écoute ?
Il est grand temps parce qu’à un moment, la violence institutionnelle qu’on leur fait subir… Ils ne trouvent pas de réponse. Ils vont dans la rue avec des pancartes et rien ne se passe pour eux. »
Rien d’étonnant, dans ce contexteEnsemble d'explications qui permettent de mieux comprendre une information, que les élèves, en colère et anxieux face à l’avenir, se retrouvent à nouveau dans les rues.
Et j’ajoute que la ministre francophone de l’Éducation, Valérie Glatigny, appelle au retour en classe et condamne fermement les violences.