lundi 27 avril 2026

L’ESSENTIELL’information simple comme bonjour

Des relents de colonialisme


Joseph Kabila, président
de la République démocratique du Congo- Photo: Belga

Karel De Gucht, le ministre belge des Affaires étrangères, persiste
et signe dans son évaluation du Congo. Son deuxième voyage en République
démocratique du Congo, fin février, se solde par les mêmes
conclusions que le premier: il n’y a selon lui pas de dirigeants à la
hauteur dans ce pays. Le ministre a affirmé sur VTM que
les seules choses qui fonctionnent encore au Congo datent de l’époque
coloniale.

Les Congolais ont réagi à ce discours. Ils parlent de néo-colonialisme.
Les blessures du passé se rouvrent. Rétrospective sur une histoire
mouvementée.

La petite histoire retient les expéditions de Henri Morton Stanley,
l’aventurier d’origine britannique, qui explore le cœur de
l’Afrique durant la deuxième moitié du 19e siècle
et attire l’attention de Léopold II sur les richesses de ce territoire
80 fois plus grand que la Belgique.

La grande histoire retient la conférence de Berlin en 1885. Cette conférence,
qui formalise le partage du continent africain entre les grandes puissances,
reconnaît l’Etat indépendant du Congo. En fait d’indépendance,
le Congo devient purement et simplement la propriété privée
du roi des Belges qui pourra l’exploiter comme il l’entend. La
surexploiter plutôt. La gestion du Congo est jugée par les historiens
comme l’un des pires exemples de colonialisme. Les populations locales étaient
traitées comme des esclaves. Le caoutchouc était alors la principale
richesse du Congo.

Il faut attendre 1908 pour que le Congo devienne à proprement parler
une colonie Belge. Léopold II, aux portes de la mort, transfère
le Congo à l’Etat belge qui en continue l’exploitation pour
son propre compte, à travers le ministère des colonies. C’est
la période de toute puissance de l’exploitation minière
(cuivre, diamant or…).

L’indépendance et la dictature de Mobutu

Après la seconde guerre mondiale, la vague de décolonisation commence. La volonté d’indépendance de la population congolaise
devient de plus en plus forte. De graves émeutes éclatent en
janvier 1959, à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa). Dix-huit
mois plus tard, le 30 juin 1960, la Belgique reconnaît officiellement
l’indépendance du Congo. Joseph Kasavubu en devient le président
et Patrice Lumbuba le Premier Ministre. Une guerre civile éclate et
Patrice Lumbuba est assassiné en 1961. La Belgique laisse faire cet
assassinat.
La guerre civile s’achève par la prise du pouvoir par le général
Joseph-Désiré Mobutu. Ce journaliste devenu militaire a le soutien
des forces armées et des puissances occidentales. Il est considéré comme
un rempart contre l’expansion du communisme. On pense aussi qu’il
ne s’opposera pas au fait que les multinationales continuent à profiter
du gâteau congolais. Mobutu impose un régime de parti unique,
autrement dit une dictature. Son règne durera plus de trente ans. Le
Congo passera par la zaïrianisation. Elle se traduira notamment par le
changement de nom du pays de Congo en Zaïre.

De la dictature à
la « monarchie »

Mobutu sera renversé en mai 1997 par une rébellion armée
organisée par les provinces orientales du Zaïre, appuyée
par le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, et menée par un de ses éternels
rivaux, Laurent-Désiré Kabila. A cette époque, la guerre
froide est terminée et les alliés traditionnels de Mobutu – la
Belgique, la France et les Etats-Unis – l’ont laissé tomber. Ils
lui ont retiré leur soutien militaire et financier.

Malgré des promesses de démocratisation, le Zaïre, qui au
passage, devient République démocratique du Congo, est retombé dans
les travers de la dictacture. Certains ont parlé de monarchisation. En
effet, Joseph Kabila, âgé de 29 ans à peine, a succédé à son
père à la présidence de la République, quand celui-ci
a été assassiné, en janvier 2001, par un colonel qu’il
avait licencié. Une monarchie affaiblie par le ralentissement économique
et les conflits ouverts avec des provinces rebelles.

Olivier Brouet

 

2 réponses

  1. Voila un grand homme que je salue avec plaisir …
    Bravo Monsieur De Gucht …
    Vous êtes probablement le plus Belge de tous nos politiciens pour le moment.

    Après le dernier Tsunami il convient de réfléchir avant de virer des sous sur les comptes des gens sans avoir toutes les informations nécessaires. Cela est d’autant plus important quand les gens en question sont assis perpétuellement sur des sièges éjectables …

    Well Done

  2. Africa ,j ai envie de vivre avec toi
    Africa mais avec des rêves que j ai en moi
    Avec des gens qui t aiment Africa ,tu es belle et riche
    AFRICA
    Unjour, je viendrai dans mon pays ,
    pour vous donnez tout l amour
    que j ai en moi
    Africa .
    Et je t apprendrai comment les blancs
    Africa
    Font pour s enrichir grâce à toi Africa
    en recevant ,ici
    Africa
    Toutes les petites LILI de Pierre Perret
    Africa
    Je te ressens tellement bien en moi
    que les touristes friqués
    viennent chez toi
    dans des hôtels de luxe
    pour voir notre mysère ,
    AFRICA
    cela restera toujours un mystère
    et quand ils reviennent ici
    boulevard Belgica
    Ils croient avoir tout compris mais
    voilà
    tu resteras toujours
    Mon AFRICA .
    Afrique ,afric , et le fric vient de chez toi!

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