mardi 23 avril 2024

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“Enfants de…”, les dynasties en politique

On parle de dynastie quand on parle des familles royales. Une dynastie c’est le « poste » qui se transmet par héritage familial. Les fils ou les filles de rois et de reines deviennent automatiquement roi ou reine. Dans le monde politique belge, une étude du CRISP* montre que les « fils de » et les « filles de » représentent presque 15% des élus. Alors, bien sûr ce n’est pas la même chose que pour les familles royales, puisqu’il y a un vote mais cela pose quand même problème. Essayons de voir pourquoi.

2 exemples

Les « fils et filles de » sont nombreux en politique. Cela touche tous les partis politiques. On remarque que cela concerne plus les hommes que les femmes. Prenons deux exemples. Notre actuel premier Ministre Alexander DeCroo (OpenVLD) est le fils d’Herman De Croo . Herman De Croo a une longue carrière politique dans les plus hautes fonctions de l’Etat belge. Il est en politique depuis 1974. Il a été plusieurs fois ministre, député fédéral et président de la Chambre, bourgmestre. Il est encore aujourd’hui député flamand.

De Croo, père et fils

Les fils de Louis Michel font aussi une carrière politique. Louis Michel a commencé sa carrière politique comme échevin puis bourgmestre de sa ville Jodoigne. Il a été aussi député, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Ensuite, il a été commissaire européen. Aujourd’hui, il est député européen. Son fils Charles Michel a été nommé président du Conseil européen en 2019. Charles Michel a aussi été bourgmestre, député, ministre puis 1er ministre. L’autre fils de Louis Michel, Mathieu Michel est ministre depuis 2020.

Michel, père et fils

Des chiffres

L’étude montre qu’au gouvernement fédéral, plus d’un élu sur 10 (12,5 %) sont des « enfants de ». Ces chiffres sont les mêmes qu’au 19ème siècle ! Or, plus un pays est démocratique, moins il devrait y avoir « de fils et des filles de » responsables politiques qui deviennent eux-mêmes des responsables politiques.  La tendance devrait donc être à une diminution de ce pourcentage.

Normal ? Oui…

Que les enfants suivent l’exemple des parents ce n’est pas exceptionnel. Les enfants de médecins vont vers des professions de médecine, les enfants d’avocat suivent les traces de leur parents, les enfants d’enseignants deviennent souvent enseignants. Et ainsi de suite, Il y a une certaine logique. On va vers ce que l’on connaît, on développe un goût pour les sujets de conversation à table, par exemple.

La monde politique n’échappe pas à cette règle. L’enfant d’un responsable politique sera sans doute attiré par la politique car c’est un monde qu’il connaît. Et s’il se lance dans la même voie que papa ou maman, ce sera plus facile pour lui. En effet,  il porte déjà un nom connu. il a souvent un peu d’expérience. Il a aussi un réseau puisqu’on le sait dans la vie, on se « fréquente » en général du même milieu.

Oui, mais…

Oui mais, on peut aussi se demander si le pouvoir ne se concentre pas toujours entre les mains des mêmes personnes. C’est plus facile pour eux de se retrouver sur des listes électorales, et souvent d’ailleurs en tête de liste. Ca diminue donc les chances pour les autres qui ne sont pas nés de ce côté-là. C’est moins démocratique. Car en démocratie, tout le monde devrait avoir les mêmes chances.

L’étude du CRISP montre aussi que les fils et filles de ont plus vite des positions en tête de liste que les autres. Cette position en tête facilite leur élection.

Les électeurs votent plus facilement pour un nom. Et évidemment les personnes qui ont un nom moins connu, vont avoir plus de difficultés pour se faire connaître et pour récolter des voix. C’est aussi pour ça que les partis essaient d’avoir des noms connus sur leur liste ( de la télévision, du sport… (autre article)

Cela pose problème. Les élus politiques viennent d’un monde de privilégiés,  qui n’est pas le monde de la majorité des citoyens. Ils risquent d’être coupés des réalités du terrain. Et ils risquent de prendre des décisions qui ne répondent pas aux besoins des citoyens. C’est ce que beaucoup de citoyens leur reprochent.

Un risque pour la démocratie ?

Les citoyens peuvent ne plus se retrouver dans les partis politiques traditionnels. Ils peuvent se désintéresser de la politique et ne plus voter. Les citoyens déçus peuvent aussi être tentés par des partis qui leur donnent l’impression d’être plus proches d’eux. Malheureusement ce sont souvent des partis d’extrême droite. Et ces partis sont contre la démocratie.


*Le CRISP est un Centre de Recherche et d’Information Socio-Politique. L’étude du CRISP paraîtra prochainement.

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