lundi 27 avril 2026

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Enfin sorti de l’oubli!


Philippe et Mathilde étaient en visite à Colfontaine dans
un ensemble d’habitations sociales – Photo: Belga

Le 19 février 2002, près de Mons, un incendie
provoque la mort de 7 personnes dans un immeuble d’habitation sociale:
les Mésanges. Le 22 février 2005, le prince Philippe
et la princesse Mathilde viennent en visite officielle à Colfontaine
dans le Borinage pour découvrir
sur le terrain, la réalité du logement social.

Entre ces deux événements, le logement social est redevenu une
priorité du gouvernement wallon. Et ce n’est vraiment pas du luxe.

Quelques gerbes de fleurs et des bougies au pied de la
tour des Mésanges,
l’un des cinq immeubles à appartements de cette cité sociale
de la banlieue de Mons. C’est le sobre hommage rendu aux victimes par
les habitants et les autorités officielles. Mais en réalité,
des dizaines de milliers de personnes qui vivent aujourd’hui dans des
logements sociaux en Wallonie pourraient les remercier. C’est en effet
au lendemain de ce drame que le Gouvernement wallon a décidé de
mettre fin à 20 ans d’oubli. La tour des Mésanges est vide
aujourd’hui et deux autres bâtiments du même type seront
vidés de leurs occupants avant la fin de l’année. Ils seront
démolis. C’est l’un des grands travaux engagés dans
le cadre du programme exceptionnel d’investissement.

Revaloriser les logements sociaux

Ce programme de revalorisation prévoit un investissement d’1 milliard
d’euros. Il doit permettre de remettre à niveau l’ensemble
des logements sociaux mis en location. Plusieurs opérations sont prévues.
La plus lourde consiste à rénover plus de 36 000 logements. La
moyenne d’âge de ces logements est de 33 ans. Ce sont les grands
ensembles de logements construits dans les années 60 et 70 qui posent
le plus de problèmes. Mal conçus, mal isolés et difficiles
d’entretien, ces immeubles sont aussi très souvent dangereux.
La sécurité en cas d’incendie est insuffisante. Ils sont
constamment soumis au vandalisme. Ils forment aussi
le cœur des cités à problèmes.
C’est là que les familles les plus démunies finissent par
se regrouper. C’est là que se posent les plus gros problèmes
de misère et de délinquance. C’est là que vont se
situer les plus lourds efforts.

Ainsi
1 750 logements de ce type vont être tout simplement démolis.
Avant cela, les locataires seront relogés. Les premières opérations
démarrent dès 2005. Les dernières sont programmées
en 2008. Cela, c’est la théorie car en réalité,
la plupart des sociétés immobilières sociales n’ont
déjà pas assez de logements pour faire face à la demande
actuelle. Si aujourd’hui plus de 100 000 ménages wallons ont un
logement social, 50 000 demandeurs en attendent un. Et leur situation est souvent
précaire. Ces familles avec plusieurs enfants
ne peuvent pas payer les loyers actuels dans le logement privé. Elles attendent leur tour sur
l’interminable liste des demandeurs et survivent dans des taudis. Parmi
ces demandeurs, beaucoup de parents divorcés et de célibataires.

Construire

Pour faire face à cette demande urgente, le gouvernement wallon a lancé,
en plus du programme exceptionnel de construire 800 nouveaux logements par
an. A ce rythme-là, il faudra 50 ans pour rencontrer la demande actuelle.
Une demande qui, en plus, ne cesse de grandir. D’autres solutions vont être
appliquées. Ainsi, les logements encore en bon état seront vendus
soit à leurs locataires soit à des privés. Cela a plusieurs
avantages. Cela favorisera la mixité sociale par le voisinage de ménages
locataires sociaux et de ménages propriétaires. Cela soulagera
aussi les finances des sociétés immobilières sociales,
qui sont presque toujours en déficit. Cela
va permettre d’améliorer
les problèmes d’insécurité et de salubrité dans
ces quartiers réputés difficiles. Enfin, le plan exceptionnel
d’investissement aura des effets positifs sur l’emploi dans le
secteur du bâtiment dans les 5 ans à venir.

Et dans la Capitale
A Bruxelles aussi le problème de logement est dramatique. Selon une
enquête sur le budget des ménages menée en 2001, les dépenses
en habitation (loyer, chauffage, éclairage et eau) représentent
30 % du budget d’un ménage bruxellois. Or, le taux de chômage
y est désormais largement supérieur à 20 %. La demande
en logements sociaux est donc particulièrement élevée à Bruxelles.
Les prix de l’immobilier ont flambé depuis
une dizaine d’années.
La Ville de Bruxelles surtout fait face à d’énormes problèmes
de logement, avec une population de 142 000 habitants et 9 000 logements sociaux.
Aujourd’hui, même une famille avec deux salaires moyens a du mal à se
loger. Pour faire face à cette situation qui favorise le départ
des habitants vers la campagne, le gouvernement bruxellois a décidé d’investir
180 millions d’euros dans la construction de 5 000 nouveaux logements
en cinq ans.

Thierry Van Gulick

2 réponses

  1. Certains politiques responsable du logement public ont souvent un discours démagogique vis a vis du privé même si les “affaires” ont remis un peu les pendules à l’heure
    il faut savoir que depuis 5 ans si les loyers du privé ont augmenté de 6% les loyers des logements publics ont augmentés de 20% malgré les énormes subsides ce ne sont pas les habitants des logements sociaux du borinage qui dirnt le contraire….

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