La journée des femmes est traditionnellement l’occasion d’évoquer
des femmes exceptionnelles: femmes politiques, reporters de guerre, artistes…
Mais il existe d’autres femmes exceptionnelles. Des femmes qui doivent
surmonter au quotidien toutes sortes d’obstacles pour arriver à jouer
leur rôle de parent au sein de l’école de leurs enfants. Nous
avons rencontré ces héroïnes du quotidien.
Entre les parents et l’école, il y a souvent un mur d’incompréhension.
Jouer son rôle au sein de l’école quand on est parent, ce
n’est pas facile. Quand on est parent d’adolescent, les choses
se compliquent encore un peu plus. Et si on n’a pas fait de longues études,
si le français n’est pas la langue que l’on parle depuis
sa naissance, communiquer avec l’école devient un véritable
parcours du combattant… Pourtant, une bonne communication entre école
et parents est primordiale. Elle permet d’identifier les difficultés
de l’élève et d’y remédier rapidement. Une
bonne communication entre tous les acteurs de l’éducation peut
faire reculer l’échec scolaire. Un projet européen Gruntdvig mené par
le CRIC et la FUNOC en
collaboration avec l’Athénée
Royal de Marchienne s’attache à renouer ces liens entre école
et parents d’adolescents. Et c’est tout bénéfice
pour tout le monde… .
7 femmes, un homme et une école
Depuis 2004, le groupe PARENT, groupe belge qui
participe au projet européen «Autodétermination
des parents» se réunit une fois par semaine. Anne-Marie, Martine,
Aurica, Agnès, Jeannine, Berancilla, Marie-Rose et … Raphaël.
Le groupe PARENT se compose d’une écrasante majorité de
femmes. Traditionnellement, en effet, ce sont les femmes qui assument encore
trop souvent seules l’éducation de leurs enfants. La présence
d’un homme aujourd’hui dans le groupe est là pour prouver
que les mentalités évoluent lentement certes, mais sûrement…
L’objectif de ce groupe est de pouvoir reprendre une place au sein de
l’école.

Comment réaliser cet objectif? Par différentes activités.
Ainsi, les participants de ce groupe ont assisté à la Conférence
d’Albert Jacquart: «l’Education, ça se partage».
Ils ont rencontré des élèves, un représentant de
l’association de parents et même des parents d’autres pays
d’Europe. Ils ont participé à plusieurs rencontres avec
des partenaires venus de toute l’Europe: Bulgarie Italie, Portugal, Espagne,
Roumanie… Ils s’envolent prochainement pour la Roumanie.
Plusieurs partenaires, un même but
Le but du projet «Autodétermination des parents» est de
lutter, partout en Europe contre l’échec scolaire et contre ce
que l’école appelle la démission des parents. L’Athénée
Royal de Marchienne, école partenaire du projet en Belgique est un établissement
de discriminationle fait de traiter différemment (le plus souvent plus mal) une personne ou un groupe par rapport aux autres personnes ou au reste de la collectivité. positive. Il bénéficie de l’aide d’une
médiatrice. Celle-ci a aidé les participants du groupe Parent à rencontrer
un groupe d’élèves de l’ARM. Cette rencontre a permis
de montrer que la communication était possible entre adultes et adolescents.
Elle a aussi permis de comprendre les désirs et les attentes de l’autre.
Les ados qui réclament plus d’écoute et plus de liberté.
Les adultes influencés par la réalité qu’ils ont
connue. Comme celle que Berancilla a vécu au Rwanda. Une éducation
qui vers 12, 13 ans, confie aux adolescents des tâches et des responsabilités
d’adultes: travaux au champ pour les garçons, travaux ménagers
pour les filles. Un modèle qui cadre mal avec ce que l’école
attend ici des jeunes de cet âge.
Les participants du groupe ont aussi rencontré un représentant
de l’association des parents de l’Athénée de Marchienne.
Et une rencontre est prévue avec l’Association de Parents.
Les réalisations du groupe
Après ces rencontres, les participants ont réalisé un
cahier de propositions. Celui-ci sera transmis à la Communauté Française,
via la médiatrice de l’Athénée Royal de Marchienne.
Le groupe a aussi réalisé un folder qui présente leurs
activités, ainsi qu’un CD de présentation de la région
de Charleroi. Celui-ci livre un portrait subjectif de leur ville, un inventaire
des principales associations, un Charleroi vert, qui aime le sport et la BD.
Marie Thomas