mercredi 29 mai 2024

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Le Inch’Allah d’Adamo

Adamo est un chanteur célèbre. En 1966, il fait un voyage en Israël. Suite à son expérience, il écrit la chanson « Inch’Allah » pour parler de la situation difficile dans la région. Pour Adamo, c’est une chanson pour la paix, d’ailleurs, il a choisi de l’appeler « Inch’Allah » en arabe qui signifie « si Dieu veut ». Une chanson qui a fait débat. Un débat qui est toujours d’actualité.

En 1966, Adamo sort une chanson Inch’Allah sur la situation entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes. Quelques mois plus tard, le 5 juin 1967, la guerre des Six Jours éclate. C’est une guerre entre Israël et les pays arabes. Suite à cette guerre, Israël contrôle plusieurs territoires arabes et palestiniens. C’est une date importante et un événement tragique pour les Palestiniens et les Arabes de la région.

La chanson Inch’Allah devient polémique et prend des proportions que le chanteur n’avait pas imaginé. La chanson parle de Jérusalem qui est une ville sainte pour les 3 religions monothéistes. Elle parle aussi de ses habitants et de leurs souffrances passées et présentes. Mais on peut se demander si Adamo défend avant tout Israël et les Israéliens ou s’il défend avant tout la paix ? En tout cas, certains voient dans la chanson avant tout une défense d’Israël. Et la chanson est même censurée dans certains pays arabes.

C’est surtout le dernier couplet de la chanson qui fait problème:

Les femmes tombent sous l’orage. Demain, le sang sera lavé.
La route est faite de courage: une femme pour un pavé
Mais oui : j’ai vu Jérusalem, coquelicot sur un rocher.
J’entends toujours ce requiem lorsque, sur lui, je suis penché
Requiem pour 6 millions d’âmes qui n’ont pas leur mausolée de marbre
Et qui, malgré le sable infâme, ont fait pousser 6 millions d’arbres.

L’expression « 6 millions d’âmes » rappelle la Shoah et les 6 millions de Juifs exterminés par le régime nazi. C’est un fait historique. La suite de la phrase pose un problème: Les « 6 millions d’âmes …., malgré le sable infâme, ont fait pousser 6 millions d’arbres ». Cela fait référence à la création de l’Etat d’Israël et aux Juifs qui se sont installés en Palestine. Elle laisse entendre que les Israéliens ont planté et cultivé les terres abandonnées par les Palestiniens. C’est un peu comme si les Palestiniens n’avaient pas voulu cultiver ou n’en étaient pas capables. Ce qui est faux. Les Palestiniens faisaient des cultures et de l’élevage. Les Israéliens ont occupé et colonisé des terres des Palestiniens. Ils ont aussi développé l’agriculture, mais une agriculture très industrielle.

Adamo a une pensée pour les femmes et les enfants israéliens et semble exprimer peu de compassion pour les Palestiniens.

Adamo s’en défend, et pour montrer ses intentions (mais aussi pour faire taire la polémique?), il dit lui-même qu’il s’est rendu compte qu’il n’avait pas assez parlé de la souffrance des Palestiniens. Il modifie en 1993, les paroles du dernier couplet. Il explique que justement, il avait choisi le titre « Inch’Allah » en arabe pour insister sur le message de paix qu’il voulait faire passer.

Depuis 1993, la chanson se termine ainsi :

« Requiem pour toutes les âmes
De ces enfants, ces femmes, ces hommes
Tombés des deux côtés du drame
Assez de sang, Salam, Shalom » 

Dans cette nouvelle version, Adamo rectifie le tir. Il évoque les victimes des deux camps, Israéliens et Palestiniens. Sauf qu’il les met à égalité. Alors que dans la réalité, les Palestiniens sont plus nombreux à mourir sous les coups et les balles des Israéliens depuis des dizaines d’années. Les bonnes intentions du chanteur sont sans doute réelles, mais cela reste maladroit. D’ailleurs, plus tard, il la modifiera encore. En 2016, dans un de ses concerts à l’Olympia à Paris, il interprète encore une autre version qui est un mélange de la version de 1967 et de celle de 1993. La conclusion de la chanson devient :

Et le temps passe et rien ne change, toujours la mort, toujours l’horreur
Tous ceux que la paix dérange, qui veillent à ce que le monde ait peur
Mais oui, j’ai vu Jérusalem, coquelicot sur un rocher
J’entends toujours ce requiem, lorsque sur lui, je suis penché
Requiem pour 6 millions d’âmes qui n’ont pas leur mausolée de marbre
Mais pourquoi perpétuer le drame, assez de sang, salam, shalom

Preuve que le sujet n’est pas facile à traiter et qu’on peut interpréter différemment les paroles. peu importe la manière dont on en parle, les interprétations seront multiples.


Les paroles de la chanson:

J’ai vu l’orient dans son écrin avec la lune pour bannière
Et je comptais en un quatrain chanter au monde sa lumière
Mais quand j’ai vu Jérusalem, coquelicot sur un rocher
J’ai entendu un requiem quand, quand sur lui, je me suis penché.
Ne vois-tu pas, humble chapelle, toi qui murmure « paix sur la terre »
Que les oiseaux cachent de leurs ailes
Ces lettres de feu « Danger frontière! »
Le chemin mène à la fontaine. Tu voudrais bien remplir ton seau.
Arrête-toi, Marie-Madeleine, pour eux, ton corps ne vaut pas l’eau.

Inch’ Allah, Inch’ Allah, Inch’ Allah, Inch’ Allah

Et l’olivier pleure son ombre, sa tendre épouse, son amie
Qui repose sous les décombres prisonnières en terre ennemie.
Sur une épine de barbelés, le papillon guette la rose.
Les gens sont si écervelés qu’ils me répudieront si j’ose.
Dieu de l’enfer ou Dieu du ciel, toi qui te trouves où bon te semble
Sur cette terre d’Israël, il y a des enfants qui tremblent.

Inch’ Allah, Inch’ Allah, Inch’ Allah, Inch’ Allah

Requiem pour toutes les âmes
De ces enfants, ces femmes, ces hommes
Tombés des deux côtés du drame
Assez de sang, Salam, Shalom

Inch’ Allah, Inch’ Allah, Inch’ Allah, Inch’ Allah

En vidéo c’est par ici

Sur la plateforme You Tube, ce n’est pas facile de retrouver la version avec la fin modifiée. Le plus souvent, la version la plus fréquente est la première version. Y compris pour celles qui sont publiées récemment. L’Essentiel a choisi de partager une reprise en duo : Adamo chante avec Maurane, une autre grande chanteuse.

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