
Photo: Belga
C’est le moins que l’on puisse dire: l’élection
du nouveau parlement européen n’a pas mobilisé beaucoup
de citoyens. 55% des électeurs ne sont pas allés voter. C’était
en juin. A peine un mois plus tard, comme prévu, une nouvelle Commission
européenne est annoncée. L’annonce n’a pas, non
plus, soulevé un grand enthousiasme.
En politique, les choses ne sont jamais simples. Avec l’Union
européenne, tout est encore beaucoup plus compliqué. Vingt-cinq
pays, c’est beaucoup. Beaucoup de ministres des pays membres qui doivent
se réunir et trouver un accord. Beaucoup de députés européens
: 732 depuis les dernières élections. Pour compléter ce
que l’on appelle le triangle institutionnel européen, il y a encore
la Commission. Après l’élection du Parlement en juin, la
nouvelle Commission 2004-2009 est annoncée.
Mécanique compliquée
La Commission est la gardienne des traités. Elle propose les lois européennes.
Elle administre. Elle exécute et applique les décisions des ministres
nationaux qui se réunissent dans les Conseils européens. Elle
joue un rôle important. Elle est à Bruxelles. Et elle nous semble
très loin. Normal, il faut s’y retrouver. Prenons, par exemple,
le nombre de Commissaires. Jusqu’en mai 2004, ils étaient 20 pour
15 pays membres. Les 5 grands pays de l’Union avaient droit à deux
commissaires. Les autres n’en avaient qu’un. Cela rassurait des
pays comme l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie
et l’Espagne. En mai 2004, avec l’élargissement, on est passé
à 30 membres ! Chacun des dix nouveaux pays avaient droit à un
commissaire. En novembre 2004, il seront 25… Les grands pays de l’Union
abandonnent leur commissaire supplémentaire.
La nouvelle Commission de 25 membres sera officiellement en place en novembre
2004 pour une durée de 5 ans. Bon. Mais, selon les règles institutionnelles,
les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ont déjà
choisi en juillet le Président de la Commission. Ce président
a annoncé quelques jours plus tard, le nom des 24 autres commissaires.
Les députés européens ont approuvé le nom du président.
Et toujours selon les règles, les députés vont entendre
fin septembre et début octobre chaque commissaire. Si tous les commissaires
passent l’examen oral, le Parlement votera pour la nouvelle Commission.
Enfin, les chefs d’Etat et de gouvernement nommeront officiellement alors
la nouvelle Commission européenne.
Accord politique
Trouver un accord politique à 25 pour choisir un président de
commission est très compliqué. Imaginez. Le Président sortant
est italien. L’Italie est un des grands pays de l’Union. Pour l’équilibre,
il faut donc que le nouveau soit issu d’un petit pays. Et un petit pays
qui participe à toute l’action européenne. Pas question
de nommer un président venu d’un pays qui n’utilise pas encore
l’euro. Il faut aussi tenir compte de la majorité politique du
Parlement européen. En plus, il y a certains caprices de grands pays.
Les Français aiment que le Président de la Commission parle le
français. Les Britanniques veulent qu’il parle l’anglais….
Vous mettez tout cela dans un chapeau. Et Monsieur Barroso est désigné
nouveau Président! Un homme de centre droit, ancien Premier ministre
du Portugal. Il a choisi les 24 autres commissaires.
C’est, dit-on, une équipe très libérale. “
Notre “ Louis Michel devient Commissaire au développement et à
l’aide humanitaire. Car la Commission fonctionne un peu comme un gouvernement.
Chaque Commissaire a le pouvoir dans un domaine particulier. Mais au-delà,
de grands problèmes attendent commissaires, parlementaires et ministres
des Etats membres. L’Union va devoir discuter de son futur budget 2007-2013.
L’arrivée de nouveaux pays ne simplifie pas les calculs. Il y a
toujours les débats autour de la fameuse Constitution européenne.
La discussion autour de l’entrée de la Turquie dans l’Union.
La volonté d’assouplir les règles liées à
l’euro.
Thierry Verhoeven
Une réponse
Ce serait bien si on avait des textes des hommes politiques européens simples à lire. On s’intéresserait plus à l’Europe.