George Bush a rendu visite à notre «vieille Europe». Depuis
sa réélection à la présidence des Etats-Unis, George
Bush semble plus sympathique et plus conciliant avec les Européens. Bush
2 est différent de Bush 1. Oubliés les désaccords sur la
guerre d’Irak. Bush 2 est différent de Bush 1. Différent
mais jusqu’où?
![]() Georges Bush a rencontré les dirigeants européens – Photo Belga |
En Belgique, en France et un peu partout en Europe, les
populations avaient plutôt choisi de voter Kerry aux dernières élections présidentielles
américaines. Mais les Européens ne votent pas pour le président
des Etats-Unis. C’est George W. Bush qui a été élu.
Et si Bush 2 était différent de Bush 1? Pour sa première
visite à l’étranger depuis sa réélection,
George Bush a choisi la «vieille Europe». L’expression «vieille
Europe» avait été utilisée par le vieux Donald Rumsfeld
de l’équipe Bush. La vieille Europe, c’était la France,
l’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne
qui s’opposaient à la guerre en Irak. Le mois dernier, pendant
4 jours, cette vieille Europe a eu les honneurs de George Bush.
Liberté et démocratie
L’ancien George Bush traitait seulement avec les pays amis européens.
Au moment de la guerre d’Irak, c’était la Grande-Bretagne,
l’Espagne et l’Italie. L’ancien George Bush critiquait ouvertement
les autres pays qui n’étaient pas d’accord avec la politique
américaine. Et bien, en février, George Bush a rencontré les
autorités de l’Union européenne. Il a aussi rencontré Jacques
Chirac, président français. Il a rencontré Schroeder,
le dirigeant allemand.
Pour répondre à cet honneur, les dirigeants de la «vieille
Europe» ont bien accueilli George Bush. Un dirigeant européen
l’a accueilli par : “On s’est beaucoup disputés dans
le passé mais il est devenu clair que des différences d’opinion
ne peuvent pas nous séparer”. Et dans son discours officiel au
sommet de l’Union européenne, George Bush a déclaré : “Le
dossier majeur qui a irrité beaucoup d’Européens était
l’Irak. Je comprends cela. L’important maintenant est de mettre
cela derrière nous et de nous concentrer sur l’aide aux nouvelles
démocraties”. Notre mission est de “répandre la liberté et
la démocratie”dans le monde , a-t-il ajouté. Bush 2 est
donc plus sympathique que Bush 1. Il semble aussi plus malin.
Démocratie et superpuissance
Bush a compris qu’il ne suffisait plus de dénoncer le terrorisme
pour que le monde le suive dans ses discours et ses actes guerriers. Il y a
la situation difficile de l’Irak. On n’a jamais trouvé les
armes de destruction massive: c’était le prétexte de la
guerre. On n’a pas encore capturé Ben Laden. Le mollah Omar, dirigeant
des Talibans afghans, court toujours. Et donc George Bush parle beaucoup moins
de terrorisme. Il parle beaucoup plus de «liberté» et de «démocratie».
Dans son discours officiel de sa deuxième élection, il avait
déjà prononcé 43 fois le mot «liberté».
Mais si Bush 2 est plus sympathique et plus malin que Bush 1, la politique
américaine reste quand même la politique américaine. Les
Etats-Unis refusent le protocole de Kyoto et continuent ainsi à polluer
largement la planète. Les Etats-Unis s’opposent à la vieille
Europe sur les ventes d’armes à la Chine. L’Union européenne
veut lever l’embargo. Les Etats-Unis ne le veulent pas. Pas tellement
d’ailleurs pour des raisons de liberté et de démocratie.
Mais parce que Bush 2 est ici le même que Bush 1. Les Etats-Unis veulent
rester maîtres du jeu sinon les maîtres du monde. La politique
de Bush, dit-on, se fait pour que les Etats-unis restent la seule superpuissance
pendant au moins 30 ans. Ils veulent donc maîtriser le développement
de la Chine, la nouvelle puissance de demain. Comme Bush a d’ailleurs
critiqué plus ouvertement Vladimir Poutine, le président russe.
La Russie qui est, elle, une ancienne superpuissance sur le déclin.
Thierry Verhoeven
Lors de la visite de Bush, les quartiers européens de Bruxelles avaient été transformés
en forteresse. Il s’agissait surtout d’éviter de trop bruyantes
manifestations. Il y en a donc eu mais un peu plus loin du quartier officiel.
Car Bush avait fait des efforts pour plaire aux dirigeants européens
qui le recevaient à Bruxelles. Mais il n’a pas convaincu une partie
de la population. Lors de sa visite officielle en Allemagne, il y a également
eu des protestations. Par contre, il a été accueilli très
chaleureusement à Bratislava en Slovaquie. La Slovaquie est un des 8
pays d’Europe de l’Est entrés en mai 2004 dans l’Union
européenne. Dès le début de la guerre en Irak, ces pays
ont généralement soutenu la politique de George Bush. Cela avait
créé quelques désaccords au sein de l’Union européenne.
C’est ce qui avait fait dire à Donald Rumsfeld, le ministre des
Affaires étrangères de George Bush : «Lorsque vous pensez à l’Europe,
vous pensez à la France et à l’Allemagne. Pas moi. Je pense
qu’il s’agit là de la vieille Europe». Apparemment
aujourd’hui, ces «petites phrases» sont oubliées.
Mais le vieux Donald Rumsfeld est toujours ministre de la Défense.