Suite aux élections du 13 juin, les gouvernements
régionaux et communautaires ont été formés en Belgique.
A quoi ressemble désormais le nouveau paysage politique belge?
Aux élections du 13 juin, les partis d’extrême
droite avaient continué à progresser. En Flandre, près
d’un électeur sur quatre a donné sa voix au Vlaams Blok.
Jamais ce parti n’avait réussi un aussi bon résultat! Dans
la partie francophone, le Front National (FN) est, lui aussi, en hausse, mais
dans une moindre mesure. Ce résultat est néanmoins préoccupant.
Et pour cause. Contrairement au Vlaams Blok, le parti d’extrême
droite francophone n’a pas réellement de structure, ni de leader.
Des gouvernements “ asymétriques “
L’autre grande constatation des dernières élections est
que les électeurs flamands et francophones n’ont pas voté
pour les mêmes partis. En d’autres mots, les familles politiques
qui ont gagné ne sont pas les mêmes dans le Nord et le Sud du pays.
Ainsi, en Wallonie et à Bruxelles, le Parti Socialiste (PSParti socialiste) a récolté
le plus de votes. C’est donc lui qui a
eu la main pour former les nouveaux gouvernements. Résultat: en Communauté
française et en Région Wallonne, le PS gouverne désormais
avec le Centre Démocrate Humaniste (CDHCentre démocrate humaniste, anciennement Parti social chrétien (PSC)). Le Mouvement Réformateur
(MRMouvement Réformateur) ainsi qu’Ecoloen Belgique, le parti des écologistes francophones retournent dans l’opposition. Pour la Région
de Bruxelles-Capitale, le PS fait équipe avec le CDH et Ecolo. Particularité
de la capitale, qui est bilingue: ces trois partis se partagent le pouvoir avec
les principales formations
flamandes, à l’exception du Vlaams Blok.
En Flandre, le CD&VChristen-Democratisch en Vlaams. En français: Chrétiens-démocrates et flamands. Pour le dire simplement, c'est à l'origine la famille sociale-chrétienne, comme le CDH côté francophone./N-VA a gagné les élections, juste devant
le Vlaams Blok. A cause de ce résultat, la situation était simple:
pour empêcher que le parti d’extrême droite n’arrive
au pouvoir, les autres partis devaient tous s’allier pour former le gouvernement.
Le gouvernement flamand est donc composé de ministres socio-chrétiens
(CD&V/N-VA), socialistes (SP.A) et libéraux (VLD). Puisque les familles
politiques au pouvoir ne sont pas les mêmes, on dit aussi que les nouveaux
gouvernements sont “ asymétriques “.
Le gouvernement fédéral,
lui, est toujours composé du MR, du PS, du VLD et du SP.A. Dans les prochains
mois, cette asymétrie va-t-elle avoir des conséquences sur la
vie politique? En effet, on sait qu’en Belgique, les décisions
et discussions qui ont lieu dans les différents gouvernements (fédéral,
régional et communautaire) ont des influences les unes sur les autres.
Or, avec des gouvernements “asymétriques”, certaines situations
pourraient devenir de véritables casse-tête…
Pas candidats et pourtant ministres
Analysons maintenant la composition même des différents gouvernements.
Dans la partie francophone, plusieurs constatations peuvent être tirées:
la “jeune” génération, les personnes d’origine
étrangère et les femmes font une entrée fracassante dans
les différents exécutifs.
Ainsi, sur les dix-sept nouveaux ministres francophones, sept sont des femmes.
Autre remarque: plusieurs ministres ont été désignés
par leur parti pour occuper ce poste alors qu’ils n’étaient
pas, au départ, candidats. Depuis le début du mois de juillet,
les ministres des différents exécutifs se sont, évidemment,
déjà mis au travail. Certains d’entre eux ont pris de nouvelles
mesures, et annulé des décisions prises auparavant. Un exemple.
Marie Arena, la nouvelle ministre de l’éducation de la Communauté
française a profité de la rentrée scolaire pour faire part
de son projet de voir les classes bientôt limitées à 20
élèves. Elle aussi annoncé que les fameuses “écoles
des caïds“ étaient abandonnées.
Ce projet qui visait à regrouper les élèves violents ou
en décrochage scolaire avait fait beaucoup parler de lui ces derniers
mois…
Anouck Thibaut