vendredi 19 juillet 2024

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Toutes pour un et une pour tous ?

Le 8 mars, c’était la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. L’occasion d’entendre encore certains critiquer cette journée… Ils disent qu’on ne devrait pas mener des combats pour certains groupes en fonction du genre, de la religion, de la sexualité, de l’âge, de l’origine, etc. Ils disent que comme nous sommes tous et toutes des humains, ce qui est important, c’est d’avoir les mêmes droits et peu importe nos différences. Ils défendent ce que l’on appelle « l’humanisme universel ». Ont-ils raison?

L’humanisme universel existe-t-il ?

En général, on est tous d’accord avec ce principe : tous humains, tous les mêmes droits. Mais s’il s’agit d’un idéal à atteindre et dont on peut rêver. Mais on sait que la réalité est bien différente. Beaucoup de statistiques confirment que certains groupes sont victimes de discrimination: femmes, étrangers, personnes en situation de handicap, pratiquant une religion, homosexuels, personnes âgées… Et certaines personnes cochent plusieurs cases : mère au foyer ukrainienne, retraité malvoyant, homosexuel musulman… Pourtant, les personnes n’ont pas choisi ces caractéristiques. Et ces caractéristiques rendent leur vie plus « compliquée ». En tout cas, une vie plus « compliquée » que celle d’un homme blanc en bonne santé hétérosexuel de 40 ans vivant en Belgique !

Chacun pour soi ?

Certaines personnes qui défendent l’« humanisme universel » trouvent qu’il ne devrait donc pas y avoir de mouvement pour défendre des groupes minoritaires. Ces personnes pensent qu’il faudrait un seul mouvement pour nous défendre tous. Mais comment y parvenir si on ne voit pas où sont les problèmes ? Comment combattre ces situations si on ne les nomme pas ? C’est un peu comme vouloir mener une bataille contre l’homme invisible… Par exemple, nommer le racisme et montrer ses conséquences, cela permet de trouver les bons moyens pour le combattre. Et c’est pareil pour lutter contre le sexisme, l’homophobie, etc. Il ne s’agit donc pas de « repli identitaire ». Il s’agit de mettre en évidence les difficultés d’un groupe en particulier. Cela permet de les surmonter plus efficacement. Et il faut donc parfois changer de lunettes et ce n’est pas toujours facile : se mettre à la place d’un sans-papier, d’une personne en fauteuil roulant, d’un chômeur…

Et la convergence des luttes, c’est quoi alors ?

L’année passée, j’avais écrit un article pour le 8 mars et la conclusion était : « Être féministe c’est permettre à chacun et chacune de trouver sa place dans la société, en toute égalité, et sans contrainte peu importe les différences. De plus, en devenant féministe, on se rend mieux compte des autres formes de domination et de discrimination : handicap, religion, orientation sexuelle, origines, etc. Être féministe donc c’est contribuer à la construction d’un monde meilleur où il fait bon vivre ensemble. » Cette conclusion est valable pour tous les combats menés par des groupes de personnes victimes de n’importe quelle discrimination. En théorie, tout est simple. Mais dans la vraie vie, les choses sont complexes. Si l’on veut vraiment atteindre l’égalité pour toutes et tous, il est indispensable de prendre en compte cette complexité. On ne peut pas faire comme si ça n’existait pas. On ne peut pas faire disparaître les problèmes si on les nie. C’est ça la convergence des luttes : reconnaître que les combats de chacun sont légitimes et spécifiques et qu’il faut faire front ensemble.

L’union fait donc la force ?

Eh oui ! Nous pouvons atteindre plus d’égalité parce que nos différences sont complémentaires. En être conscient nous rend plus solidaires et donc plus forts. Et les victoires des uns bénéficieront aussi aux combats des autres. Ensemble même si on est différent, ensemble surtout parce que l’on est différentes.

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