dimanche 11 janvier 2026

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Alice Seeley Harris

Comme en 2025, voici une série de portraits de femmes qui ont eu un rôle important dans l’histoire ou qui ont un rôle important aujourd’hui. Des femmes qui ont dû se battre pour être reconnues, des femmes qui ont participé, chacune à leur façon, à l’émancipation de toutes les femmes. 

Qui connaît le nom de Alice Seeley Harris ? Et pourtant elle a été la bête noire de Léopold II roi des belges de 1885 à 1908 . Elle a contribué à dénoncer les crimes et les atrocités commises par les colons belges au Congo.

Le Congo de 1885 à 1908

De 1885 à 1908, le Congo est la propriété privée du roi des Belges Léopold II. Il n’a jamais mis les pieds au Congo. Mais de loin, il gère ce territoire avec une incroyable violence. Au Congo, à l’époque, le caoutchouc fait partie des richesses exploitées par le roi des belges. Le caoutchouc sert pour la fabrication de pneumatiques. Pour être les premiers sur le marché, il faut récolter toujours plus de sève de caoutchouc.

Un régime de terreur

Sur ordre du roi des Belges, les colons sur place installent un régime de terreur. On fouette, on met en prison, on bat les indigènes pour qu’ils travaillent plus et plus vite. Mais ce n’est pas possible d’extraire plus de caoutchouc que ce que l’arbre n’en produit… Alors, les colons belges organisent la terreur. Ils s‘en prennent aux femmes et aux enfants pour faire pression sur les hommes. Ils brûlent des villages entiers. Ils assassinent en masse et pour terroriser la population. Ils ramènent une pied ou une main par personne tuée. Ils mutilent aussi les indigènes de leur vivant pour les punir. C’est un régime sans pitié.

On appelle le Congo, le pays “des mains coupées”

Lire aussi Congo, la ligne du temps

Les missionnaires témoins

Alice Seeley Harris est britannique. Elle est enseignante. Son mari et elle sont des missionnaires. Ils vont au Congo pour diffuser la religion protestante. Ils sont très croyants. Ils sont là pour évangéliser les populations africaines.  

Très vite, ils constatent que les indigènes sont victimes de traitements inhumains.

Lors d’un séjour en Angleterre elle raconte ce qu’elle a vu, on la croit un peu mais beaucoup n’en croient pas leurs oreilles tellement c’est violent. Alors elle retourne au Congo avec un des premiers appareils photos portatifs.

Elle prend des photographies des indigènes et des colons. Elle compte apporter des preuves des crimes commis par les milices belges. Dans le même temps, d’autres Britanniques et Américains dénoncent et documentent les violences et les tortures.

Petit à petit, de témoignages en témoignages, de photographies en photographies, les consciences se réveillent. En Europe et aux Etats-Unis, des voix se lèvent pour dénoncer les horreurs commis par les Belges au Congo.

« Un dimanche matin, j’étais seule et mon boy est venu me prévenir qu’un indigène m’attendait à l’arrière de la mission portant avec lui la main et le pied d’une petite fille enveloppés dans une feuille de bananier. Je l’ai fait asseoir en haut des marches de la véranda et il a ouvert la feuille de bananier et j’ai pris une photo. Ils étaient là, sous mes yeux, la main et le pied de cette petite fille. »

N’Sala devant le pied et la main de sa petite fille de 5ans Boali

Cette photo devient célèbre et fait le tour du monde. C’est la photo d’un père, il est assis sur la terrasse avec devant lui, le pied et la jambe de sa fille de 5 ans. La photo est une mise en scène mais les faits sont réels. Les colons ont tué la petite et coupé le pied.

Léopold II obligé de céder le Congo

Le couple fait le tour des Etats-Unis et de l’Angleterre pour témoigner et montrer ce qui se passe au Congo. C’est le premier scandale humanitaire documenté. La communauté internationale fait pression sur la Belgique. Ce scandale est une raison de plus pour le parlement belge d’obliger Léopold II à céder le Congo à l’Etat belge. On est en 1908. Cela n’arrête pas totalement les mauvais traitements et les tortures, mais c’est un peu moins violent que sous Leopold II.

A l’époque, le but n‘est pas de mettre fin à la colonisation. Au début du 20ème siècle, l’indépendance n’est pas du tout d’actualité.

Exercice Vrai/Faux — Alice Seeley Harris et le Congo (1885–1908)

Cochez Vrai ou Faux, puis cliquez sur Corriger.

1) Le Congo (1885–1908) est une colonie belge gérée par le parlement belge.
2) Léopold II a vécu plusieurs années au Congo.
3) Le caoutchouc est utile, par exemple pour fabriquer des pneus.
4) Les colons utilisent la violence pour obliger les habitants à produire plus.
5) On parle parfois du “pays des mains coupées”.
6) Alice Seeley Harris et son mari sont des missionnaires au Congo.
7) Elle fait des photos pour soutenir la colonisation.
8) Une photo célèbre est mise en scène, mais les faits sont réels.
9) Le couple témoigne en Angleterre et aux États-Unis.
10) En 1908, l’Europe veut surtout donner l’indépendance au Congo.

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