mardi 21 mai 2024

L’ESSENTIEL L’information simple comme bonjour

C’est compliqué !

Ce qu’en dit Lydia Magnoni

Quelle était ma relation avec L’Essentiel en mai 1990, quelques mois avant la parution de son premier numéro ? C’est compliqué, comme on dit sur les réseaux sociaux.

Petit flash back. En 1990, je suis formatrice en alphabétisation à la FUNOC depuis 8 ans. Et aussi attachée de presse, chaque fois que le centre de formation doit prendre contact avec les journalistes. Car juste avant d’entrer à la FUNOC, je travaillais comme journaliste au Journal et Indépendance, Le Peuple. En 1980 diplômée de l’ULB, avec les romanes et l’agrégation, je ne me voyais offrir que des intérims courts dans l’enseignement comme prof de français et de latin. Alors, entre deux intérims, j’écrivais des « piges » pour des journaux. Mon goût pour la presse ne date pas d’hier : j’étais de ceux qui ont créé Le Rollmops déchaîné, fanzine né dans les années 70 à l’Athénée Royal de Gilly.

Mais revenons en mai 1990. A l’époque, je donne des cours à des adultes tout débutants en lecture. L’envie d’enseigner est ce qui m’a poussé à étudier les langues romanes, même si je me voyais alors plutôt partager mon amour de la langue et de la littérature avec des étudiants du secondaire. Mais l’alphabétisation me passionne aussi : j’adore le face-à-face pédagogique et surtout le sentiment d’aider chacun des participants de mes groupes à faire un pas important dans sa vie. Je mène une
vie professionnelle épanouissante… Et bien remplie, comme ma vie personnelle d’ailleurs : à l’époque, mes fils ont 7 et 5 ans et c’est peu dire que je n’ai pas beaucoup de temps pour souffler.

Mais Christou Verniers, directrice de la FUNOC à l’époque, m’appelle à une pause. Elle me parle d’un projet qui a été accepté par la Communauté française de Belgique. L’idée est de créer un journal destiné à des adultes peu lecteurs comme ceux que j’encadre dans mes cours.

A mesure qu’elle parle, se pressent dans ma tête les « pour » et les « contre ».
Les Pour : le projet est enthousiasmant. Il serait bien utile, ce journal pour des adultes peu lecteurs… J’aime la presse et j’aime écrire…

Les contre : j’adore donner cours. Je ne manque pas de travail ni d’occupations. Créer un tel journal sera prenant et chronophage. Je commence par refuser tout net tant je pressens que ce journal va bouleverser ma vie. Mais Christou est têtue : elle insiste et elle finit par me convaincre, aidée en cela par le papa de mes enfants, graphiste et, lui aussi amoureux de journaux… Et en juin, je suis officiellement chargée de mettre le projet en musique.

C’est alors que commencent des vacances parmi les moins « vacances » de ma vie. Car il faut encore tout faire d’ici septembre. Définir le projet rédactionnel, décider des rubriques, des contenus, des grandes options du journal, mais aussi de sa forme, de son format. Et lui trouver un imprimeur, un titre… Et les plumes qui vont écrire dans ce journal.
Car on ne fait pas un journal seul. Ce qui fait la force d’un journal, c’est sa pluralité, la multiplicité des points de vue, des regards, des visions.

Je présente l’ébauche et les grandes lignes du projet à des collègues : des formatrices et des formateurs de la FUNOC, mais aussi à des journalistes professionnels. Et après des discussions passionnées et passionnantes, il est décidé de lui donner la forme et les principales rubriques d’un quotidien. Le titre L’Essentiel s’impose. L’Essentiel parce que le projet était de présenter chaque mois l’essentiel de l’actualité.
L’Essentiel aussi et surtout parce ce genre de journal n’existait pas alors que le besoin d’un tel outil était criant. L’Essentiel encore parce que ça sonnait bien, comme un titre de quotidien. Un titre qu’on a décidé d’accompagner d’un sous- titre en forme de clin d’œil : l’actualité simple comme bonjour.

Car ce journal essentiel, on l’a voulu sérieux, bien documenté ET accessible au public peu lecteur. Ce journal, on l’a rêvé, échafaudé… on l’a fait naître. Son numéro Un est sorti de presse le 8 septembre 1990. Une aventure… Et ce n’était que le début… Des aventures…

Au fil des années, L’Essentiel a grandi. Il a pris des couleurs, s’est diffusé sur le web. Sa vie, comme la mienne, n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

Ce qui est certain, c’est que ce que je pressentais il y a trente ans s’est révélé juste : s’occuper d’un tel journal a été prenant et chronophage, mais aussi inspirant et enthousiasmant. Et il a bouleversé ma vie.
Ma relation avec L’Essentiel a aujourd’hui plus de 30 ans. Je n’ai jamais regretté d’avoir dit oui. Je vous le disais. C’est compliqué.

Cette photo a été prise en février, à Rome, dans les années 90. Lydia y était allée rencontrer d’autres journaux en langage simple venus de toute l’Europe. Une rencontre inspirante et motivante.

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Par son existence même, le site de l’Essentiel mène des actions pour encourager la lisibilité des textes écrits. Les articles du site www. journal-essentiel.be sont écrits dans un langage accessible à tous, quelque soit son niveau de lecture de départ. Et les mots incontournables sont expliqués dans un glossaire qui accompagne l’article. Mais le site s’inscrit aussi dans un combat plus large.

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