La gaffe de Chirac sur l’Iran


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Le 5 février 2007 |


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Le 29 janvier, le président français Jacques Chirac recevait à l’Elysée des journalistes de l’hebdomadaire français « Le Nouvel Observateur » et de deux grands journaux américains, « The International Herald Tribune » et « The New York Times ». L’interview était centrée sur les problèmes d’environnement. Mais dans la rencontre avec les journalistes, Chirac s’est laissé aller à parler de l’Iran. Et Chirac a gaffé. Il a exprimé une opinion qui n’est pas celle de la France. Ni celle des Etats-Unis et de la communauté internationale.
L’Iran est une république islamique présidée un extrémiste musulman. L’Iran continue, malgré les pressions internationales, à enrichir de l’uranium. L’Iran affirme que c’est pour avoir de l’énergie nucléaire civile. Mais la communauté internationale pense que l’Iran veut aussi avoir la bombe atomique. Le Conseil de sécurité de l’ONU ONU Organisation des Nations Unies, presque tous les Etats du monde sont à l’ONU, En principe, l’ONU défend le droit international, la sécurité et la paix. a sanctionné l’Iran fin 2006. Et de nouvelles sanctions pourraient être décidées fin février.

Dans l’interview, Chirac a gaffé. Il a dit des mots que les Iraniens peuvent considérer comme une grande menace. Voici ce qu’a dit le président français : «  Je dirais que ce n’est pas tellement dangereux par le fait d’avoir une bombe nucléaire - peut-être une deuxième un peu plus tard, bon... ça n’est pas très dangereux. Mais ce qui est dangereux, c’est la prolifération. Ça veut dire que si l’Iran poursuit son chemin et maîtrise totalement la technique électronucléaire, le danger n’est pas dans la bombe qu’il va avoir, et qui ne lui servira à rien... Il va l’envoyer où, cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée. » L’Iran est en effet sous très haute surveillance internationale. Et, dans la région, Israël s’inquiète beaucoup de la politique iranienne. Mais que Chirac dise que la capitale iranienne serait rasée, c’est énorme ! Ne serait-ce que parce que cela veut dire que tous les habitants – innocents - seraient tués.

Ces paroles ont fait tellement de bruit que Chirac a dû refaire une deuxième interview, avec les mêmes journalistes. Et préciser que ce qu’il avait voulu dire, c’est que si l’Iran lançait une bombe atomique, « elle serait immédiatement détruite avant même d’avoir quitté le sol iranien  ». Ce qui n’a plus rien à voir avec la capitale rasée. Même si la bombe iranienne, détruite par un missile, exploserait certainement sur l’Iran. Mais on peut se demander si Chirac n’a pas dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Chirac ajoutait en effet que le vrai danger n’est pas cette bombe iranienne. Mais ce qui est dangereux, c’est le fait que d’autres pays de la région imitent l’Iran. Qu’ils veuillent, eux aussi, avoir la bombe. Car alors, la situation ne serait plus contrôlable.


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