« Rideau de fer » et grande muraille


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Le 27 janvier 2010 |


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Suite à un piratage, venu de Chine, la multinationale a annoncé qu’elle pourrait lever la censure sur la version chinoise de son moteur de recherche. C’est une petite guerre entre la multinationale américaine Google et les autorités chinoises. C’est aussi une petite guerre informatique qui mélange intérêts commerciaux et intérêts politiques.

Google a lancé une version chinoise de son moteur de recherche en janvier 2006. Pour cela, Google a dû se plier à la loi chinoise. La Chine n’est pas un pays démocratique. Toutes les informations ne peuvent pas être publiées et donc données aux internautes. Pour s’implanter en Chine, Google a donc accepté de se soumettre à la censure de l’Etat chinois. La multinationale acceptait ainsi une forte contradiction. En effet, pour les dirigeants de Google,  Internet et Google sont les symboles symboles Personnes ou choses qui représentent bien un sentiment, une idée, qui sert d’exemple. de la liberté : l’accès de tout à tous.

Or, la Chine n’est pas le symbole symbole Personne ou chose qui représente bien un sentiment, une idée, qui sert d’exemple de la liberté. Beaucoup de droits de l’homme ne sont pas respectés dans ce pays dominé par un parti unique. Si Google a décidé de s’implanter en Chine, c’est d’abord dans un but commercial. La Chine est un marché énorme pour beaucoup de produits et de services et donc aussi pour Internet. Fin 2009, il y avait plus de 380 millions d’internautes en Chine. Et tous les mois, il y a plusieurs millions de nouveaux connectés. Il est donc difficile pour une multinationale d’éviter un tel marché même au nom de la liberté. Les dirigeants de Google avaient justifié leur décision de s’implanter en Chine : « les bénéfices d’un accès élargi à l’information pour les internautes en Chine contrebalançaient la désagréable obligation de censurer certains résultats. » Les dirigeants de Google avaient quand même averti : « Si nous constatons que nous sommes incapables d’atteindre cet objectif, nous n’hésiterons pas à reconsidérer notre stratégie stratégie Façon de faire pour arriver à un but en Chine. »

Acte 1
A la mi-janvier 2010, des pirates informatiques ont attaqué la messagerie de Google et particulièrement les comptes mails de militants chinois des droits de l’homme. Selon Google, ces attaques viennent de Chine. Ce sont des attaques « sophistiquées » et surtout « ciblées », dit Google : « Nous avons des preuves suggérant que l’objectif premier des attaquants était d’accéder aux comptes Gmail de militants chinois pour les droits de l’homme. » Selon Google, ces attaques informatiques n’ont pas fait trop de dégâts : « Seuls deux comptes Gmail semblent avoir été consultés, et cette activité s’est limitée aux informations relatives aux comptes eux-mêmes (comme la date de création du compte) ainsi qu’aux objets des courriels, plutôt que leur contenu. »

Acte 2
Google riposte à l’attaque : il ne respecte plus la censure imposée par l’Etat chinois sur son moteur de recherche. Par exemple, vous consultez la version chinoise de Google (Google.cn). Vous tapez « tankman » (homme au tank, en anglais) dans la fenêtre du moteur de recherche. Vous tombez immédiatement sur la photo de l’étudiant chinois devant les tanks de l’armée chinoise pendant les manifestations de la place Tien An men en 1989. Auparavant, cette image n’apparaissait pas, elle était censurée. Si Google ne respecte plus la censure, il risque fort de devoir fermer son site chinois Google.cn. Google le sait et a annoncé : « Nous discuterons donc dans les prochaines semaines avec le gouvernement chinois les bases sur lesquelles nous pourrions gérer un moteur de recherche non filtré dans le cadre législatif existant, si cela est possible. Nous sommes conscients que cela peut signifier la fermeture de Google.cn, et celle de nos bureaux en Chine. »

Acte 3
Les autorités américaines s’en mêlent. Le président Obama s’est dit « préoccupé » par les attaques informatiques, venues de Chine, qui touchent Google et d’autres firmes américaines ces derniers mois. La secrétaire d’Etat des affaires étrangères, Hillary Clinton a, elle, déclaré : « un nouveau rideau d’information est en train de descendre sur une grande partie du monde. » C’est une façon de soutenir Google. C’est aussi une façon de rappeler le « rideau de fer ». Du temps de l’Union soviétique et des pays socialistes d’Europe de l’Est, les Européens de l’Ouest et les Etats-Unis appelaient « rideau de fer » la séparation entre une Europe de l’Est socialiste et non-démocratique et une Europe de l’Ouest capitaliste et démocratique. Le « rideau de fer » était un symbole de la guerre froide, de la division du monde entre un bloc « communiste » et un bloc « capitaliste ».

Acte 4
La Chine et le Parti communiste chinois au pouvoir ne s’y sont pas trompés. Le journal Global Times, contrôlé par le Quotidien du Peuple, journal du Parti communiste chinois a réagi aux propos d’Hillary Clinton : « La campagne des Etats-Unis pour des flux libres et non censurés d’information sur un Internet sans restriction est une tentative déguisée d’imposer leurs valeurs aux autres cultures au nom de la démocratie ». 

Epilogue ?
On est encore loin du temps de la guerre froide entre les USA et l’URSS mais la tension est montée entre la Chine et les Etats-Unis. On sait qu’Internet permet des tentatives de piratage industriel, technologique et politique. Sur le plan politique, Chine et Etats-Unis, chacun de leur côté, soupçonne l’autre pays de tentative de piratage et chacun se sent menacé. Sur le plan économique, certains s’étonnent de la réaction de Google suite au piratage. C’est un piratage « assez banal » disent les spécialistes. Des journaux occidentaux Occidentaux Etats-Unis, Canada et pays d’Europe de l’Ouest  ont même titré Google menace de quitter la Chine : « Coup de bluff ? » « Coup de pub ? ». Si la Chine est un immense marché, c’est encore un petit marché pour Google. Google est le 2e moteur de recherche en Chine : il représente environ 30% du marché. Le 1er moteur de recherche est le chinois Baidu avec plus de 60% du marché.


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