samedi 24 février 2024

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L’extrême droite de « Chez nous »

L’histoire du film

Pauline vit dans le nord de la France. Elle est infirmière à domicile et travaille dans les quartiers populaires. Pauline est une mère célibataire, elle s’occupe seule de ses deux enfants. Elle s’occupe aussi de son père, ancien ouvrier métallurgiste très malade. Pauline est généreuse. Tous ses patients l’aiment et comptent sur elle.

Le docteur Berthier, notable et dirigeant d’un parti d’extrême droite, veut profiter de la popularité de Pauline. Il lui propose d’être candidate pour son parti aux élections. Pauline n’a pas des idées d’extrême droite et son père est un ancien militant communiste. Pourtant, elle accepte d’être candidate aux élections municipales. C’est le début du film « Chez nous ». Pour en parler, rien de mieux que de lire ce qu’en dit le réalisateur du film, Lucas Belvaux.

« Une odeur abjecte qui dérange de moins en moins »

« Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues. C’est un discours qui change selon ceux à qui il s’adresse, qui s’adapte à l’époque, qui caresse dans le sens de tous les poils. Un discours qui retourne les mots, les idées, les idéaux. Qui les dévoie. Un discours qui dresse les gens les uns contre les autres.

« De la peur à la haine »

Et des gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. De la solitude au ressentiment, du ressentiment à la peur, de la peur à la haine. Nationale. On le dit, on en parle, on le montre et pourtant rien n’y fait. Sentiment de déjà vu. D’impuissance, aussi. De sidération. Impression d’avoir tout essayé. Que chaque mot, chaque tentative de s’opposer se retourne contre celui qui la tente. Que chaque parole, qu’elle soit politique, morale, culturelle, est déconsidérée, illégitime, définitivement.

« La fiction, elle essaie de comprendre la complexité de l’humanité, de son époque »

Alors, peut-être la fiction est-elle la seule réponse audible, car, comme le discours populiste, elle s’adresse aux sentiments, à l’inconscient. Et aux tripes. Comme les démagogues, elle raconte des histoires. Mais, contrairement à eux, qui essaient de faire passer des fantasmes pour la réalité, qu’ils simplifient à l’extrême, la fiction, elle, essaie de comprendre, de rendre compte de la complexité du monde, de celle de l’humanité, de son époque. Et elle seule, sans doute, peut faire ressentir à chacun ses tremblements les plus intimes.


Dossier de presse avec une interview très intéressante du réalisateur, à télécharger sur cette page

Dossier pédagogique fait par l’association Les Grignoux, à télécharger pour 4,80 euros sur cette page.

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