mercredi 19 juin 2024

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La réforme des rythmes scolaires

Voici une vidéo de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette vidéo donne la parole aux parents, aux élèves mais aussi à des spécialistes de l’école : Bruno Humbeeck, psychopédagogue et Marc Demeuse, spécialiste des systèmes éducatifs. Si les spécialistes sont favorables aux nouveaux rythmes scolaires, les parents et les élèves sont plus partagés.

Texte de la vidéo

Des parents et des élèves parlent (0′ 09″ à 1′09″)

– Là, ils veulent mettre un mois d’école puis deux semaines de congés ainsi de suite pendant toute l’année. 

– Ils ont voulu faire par rapport aux rythmes de l’enfant pour essayer d’avoir quelque chose de plus régulier.

– On a deux semaines de vacances là où il n’y a pas deux semaines. Du coup à la Toussaint et au carnaval.

– C’est simplement pour que les périodes de cours soient moins longues ou je veux dire plus constante.

– Selon eux, le rythme n’était pas assez régulier donc les enfants n’étaient plus aptes aux apprentissages aux dernières semaines quand il y avait des longues périodes de

dix onze semaines.

– Parce que les grandes vacances étaient trop longues et donc on a envie de mieux répartir les vacances durant l’année.

– J’ai l’impression que c’est pour le bien-être de l’enfant.

– Dans l’ancien temps, il fallait être là pour aider les parents pour l’agriculture.

Bruno Humbeeck, psychopédagogue (1′ 09″ à 2′53″)

Et c’est sans doute la première fois qu’on entend que c’est le temps de l’enfant qui va

justifier le rythme scolaire. Il faut savoir que par exemple, on a longtemps dit, ben, le temps scolaire était justifié par les moissons par exemple pendant les mois d’été. C’est tellement

vrai que ce temps scolaire qui était d’un mois et demi a été prolongé à deux mois après la guerre 14 18 parce qu’on manquait de main d’ouevre. Et on a vu, par exemple, apparaître des vacances comme les vacances de carnaval qui sont liées simplement au fait que les JO de Grenoble en 1968, en France, avaient justifié pas mal de dépenses et qu’il fallait amortir ces infrastructures. On n’a jamais retouché à ses formes de gestion du temps scolaire qui ne sont pas compatibles avec ce que vit un enfant. Deux éléments sont incontestables : les vacances d’été étaient trop longues. Vous avez un temps qui est tellement long qu’il finit par susciter de l’oubli et les enseignants le savent, en septembre on va essentiellement remettre en mouvement des connaissances oubliées. L’autre élément c’est le rythme dans lequel on contient finalement le développement scolaire de l’enfant : des rythmes de sept semaines, deux semaines, avec des blocs qui sont réguliers, pas cette forme de déséquilibre qu’on avait entre le premier trimestre qui était terriblement long et un dernier trimestre qui était étonnamment court et qui en plus était truffé de congés au mois de mai et qui était parasité par l’anxiété des examens. L’avantage de mettre en place ce type de rythme ben, c’est que vous allez vraiment être en congé parce que quand on reste quinze jours, on sait que c’est la période qu’il faut pour se détendre. En gros la première semaine est là pour se mettre en vacances, la deuxième semaine pour profiter de l’état dans lequel on s’est mis parce qu’on s’était mis en vacances parce qu’on a changé son rythme.

Des parents et des élèves parlent (2′ 53″ à 3′36″)

– Pour les parents qui savent prendre congé ça va, pour les parents qui ne vont pas savoir prendre congé ça va être un peu plus difficile.

– Je ne pense pas que ça va changer réellement quelque chose puisque de toute façon que ce soit avant les vacances qu’il y ait dix semaines ou cinq semaines l’excitation est toujours la même.

– Moi personnellement, je ne vois pas pourquoi changer le système scolaire qui était très bien avant.

– Je pense que c’est une bonne idée parce qu’effectivement à la fin des grandes vacances, les enfants en ont sûrement marre de rester à la maison

– Je ne comprends pas le principe que toute la Belgique n’ait pas le même calendrier.

– Je préfère avoir mes deux mois de vacances en fin d’année enfin vers la fin que deux semaines à chaque fois.

– Au niveau de l’organisation disons qu’au moins on sait où va. De toute façon les professeurs de tout temps se sont adaptés au calendrier donc on continuera à le faire.

Marc Demeuse, spécialiste des systèmes éducatifs (3’36’’ à 4′06″)

On n’aura pas plus de jours d’école qu’avant et on ne fera pas travailler plus les enseignants qu’on les fait travailler aujourd’hui, ce qu’on sait, c’est que de trop longues grandes vacances, ce n’est pas profitable, c’est encore moins profitable pour les élèves en difficulté qui vont perdre entre le mois de juin et la rentrée. Donc on a un certain nombre d’éléments qui nous

permettent de dire qu’on a raison de changer. Ça veut dire aussi pour nos collègues enseignants : ne pas profiter de ces congés pour surcharger les élèves en leur donnant des devoirs. Ce n’est pas du tout le sens de l’histoire, c’est profiter des semaines d’activités pour les activités scolaires et laisser du temps pour souffler et récupérer.

Bruno Humbeeck, psychopédagogue (4’06 à 5′14″)

D’habitude l’école suit le tempo du monde social, ici on a une école qui va donner le tempo. Ce sera aux autres à s’organiser et le tout maintenant, c’est de voir comment cette organisation va pouvoir se réaliser. Ce n’est pas non plus une révolution pédagogique.

C’est ce qui va permettre une évolution pédagogique. Cette organisation, elle date du XVIIIe siècle, il faut arrêter à tout prix et ça, c’est valable pour tout ce qui est pédagogie, de faire une pédagogie du XVIIIe siècle donnée par des adultes du XXe siècle pour des adultes du XXIe siècle que sont les enfants actuellement et donc, il faut bien commencer par quelque chose. C’est courageux d’ouvrir la porte maintenant le deuxième pas est tout aussi courageux et c’est celui de rentrer en disant : mais qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? Il faut que les

enfants puissent avoir des vrais temps de récupération, des vrais temps familiaux et les véritables temps scolaires. Je vous fais le pari que dans trois ans, les gens diront, mais surtout ne pas revenir à ce qui était fait avant, pas de changer les rythmes scolaires c’est juste changer de cadre, mais l’œuvre elle resta à peindre puisque dans une œuvre d’art ce qui est important c’est pas le cadre, c’est ce que vous allez y mettre.

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La réforme des rythmes scolaires

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Voici une vidéo de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette vidéo donne la parole aux parents, aux élèves mais aussi à des spécialistes de l'école : Bruno Humbeeck, psychopédagogue et Marc Demeuse, spécialiste des systèmes éducatifs. Si les spécialistes sont favorables aux nouveaux rythmes scolaires, les parents et les élèves sont plus partagés.

https://www.youtube.com/watch?v=bVELwqebHYQ

Texte de la vidéo

Des parents et des élèves parlent (0′ 09″ à 1′09″)

– Là, ils veulent mettre un mois d’école puis deux semaines de congés ainsi de suite pendant toute l’année. 

– Ils ont voulu faire par rapport aux rythmes de l’enfant pour essayer d’avoir quelque chose de plus régulier.

– On a deux semaines de vacances là où il n’y a pas deux semaines. Du coup à la Toussaint et au carnaval.

– C’est simplement pour que les périodes de cours soient moins longues ou je veux dire plus constante.

– Selon eux, le rythme n’était pas assez régulier donc les enfants n’étaient plus aptes aux apprentissages aux dernières semaines quand il y avait des longues périodes de

dix onze semaines.

– Parce que les grandes vacances étaient trop longues et donc on a envie de mieux répartir les vacances durant l’année.

– J’ai l’impression que c’est pour le bien-être de l’enfant.

– Dans l’ancien temps, il fallait être là pour aider les parents pour l’agriculture.

Bruno Humbeeck, psychopédagogue (1′ 09″ à 2′53″)

Et c’est sans doute la première fois qu’on entend que c’est le temps de l’enfant qui va

justifier le rythme scolaire. Il faut savoir que par exemple, on a longtemps dit, ben, le temps scolaire était justifié par les moissons par exemple pendant les mois d’été. C’est tellement

vrai que ce temps scolaire qui était d’un mois et demi a été prolongé à deux mois après la guerre 14 18 parce qu’on manquait de main d’ouevre. Et on a vu, par exemple, apparaître des vacances comme les vacances de carnaval qui sont liées simplement au fait que les JO de Grenoble en 1968, en France, avaient justifié pas mal de dépenses et qu’il fallait amortir ces infrastructures. On n’a jamais retouché à ses formes de gestion du temps scolaire qui ne sont pas compatibles avec ce que vit un enfant. Deux éléments sont incontestables : les vacances d’été étaient trop longues. Vous avez un temps qui est tellement long qu’il finit par susciter de l’oubli et les enseignants le savent, en septembre on va essentiellement remettre en mouvement des connaissances oubliées. L’autre élément c’est le rythme dans lequel on contient finalement le développement scolaire de l’enfant : des rythmes de sept semaines, deux semaines, avec des blocs qui sont réguliers, pas cette forme de déséquilibre qu’on avait entre le premier trimestre qui était terriblement long et un dernier trimestre qui était étonnamment court et qui en plus était truffé de congés au mois de mai et qui était parasité par l’anxiété des examens. L’avantage de mettre en place ce type de rythme ben, c’est que vous allez vraiment être en congé parce que quand on reste quinze jours, on sait que c’est la période qu’il faut pour se détendre. En gros la première semaine est là pour se mettre en vacances, la deuxième semaine pour profiter de l’état dans lequel on s’est mis parce qu’on s’était mis en vacances parce qu’on a changé son rythme.

Des parents et des élèves parlent (2′ 53″ à 3′36″)

– Pour les parents qui savent prendre congé ça va, pour les parents qui ne vont pas savoir prendre congé ça va être un peu plus difficile.

– Je ne pense pas que ça va changer réellement quelque chose puisque de toute façon que ce soit avant les vacances qu’il y ait dix semaines ou cinq semaines l’excitation est toujours la même.

– Moi personnellement, je ne vois pas pourquoi changer le système scolaire qui était très bien avant.

– Je pense que c’est une bonne idée parce qu’effectivement à la fin des grandes vacances, les enfants en ont sûrement marre de rester à la maison

– Je ne comprends pas le principe que toute la Belgique n’ait pas le même calendrier.

– Je préfère avoir mes deux mois de vacances en fin d’année enfin vers la fin que deux semaines à chaque fois.

– Au niveau de l’organisation disons qu’au moins on sait où va. De toute façon les professeurs de tout temps se sont adaptés au calendrier donc on continuera à le faire.

Marc Demeuse, spécialiste des systèmes éducatifs (3’36’’ à 4′06″)

On n’aura pas plus de jours d’école qu’avant et on ne fera pas travailler plus les enseignants qu’on les fait travailler aujourd’hui, ce qu’on sait, c’est que de trop longues grandes vacances, ce n’est pas profitable, c’est encore moins profitable pour les élèves en difficulté qui vont perdre entre le mois de juin et la rentrée. Donc on a un certain nombre d’éléments qui nous

permettent de dire qu’on a raison de changer. Ça veut dire aussi pour nos collègues enseignants : ne pas profiter de ces congés pour surcharger les élèves en leur donnant des devoirs. Ce n’est pas du tout le sens de l’histoire, c’est profiter des semaines d’activités pour les activités scolaires et laisser du temps pour souffler et récupérer.

Bruno Humbeeck, psychopédagogue (4’06 à 5′14″)

D’habitude l’école suit le tempo du monde social, ici on a une école qui va donner le tempo. Ce sera aux autres à s’organiser et le tout maintenant, c’est de voir comment cette organisation va pouvoir se réaliser. Ce n’est pas non plus une révolution pédagogique.

C’est ce qui va permettre une évolution pédagogique. Cette organisation, elle date du XVIIIe siècle, il faut arrêter à tout prix et ça, c’est valable pour tout ce qui est pédagogie, de faire une pédagogie du XVIIIe siècle donnée par des adultes du XXe siècle pour des adultes du XXIe siècle que sont les enfants actuellement et donc, il faut bien commencer par quelque chose. C’est courageux d’ouvrir la porte maintenant le deuxième pas est tout aussi courageux et c’est celui de rentrer en disant : mais qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? Il faut que les

enfants puissent avoir des vrais temps de récupération, des vrais temps familiaux et les véritables temps scolaires. Je vous fais le pari que dans trois ans, les gens diront, mais surtout ne pas revenir à ce qui était fait avant, pas de changer les rythmes scolaires c’est juste changer de cadre, mais l’œuvre elle resta à peindre puisque dans une œuvre d’art ce qui est important c’est pas le cadre, c’est ce que vous allez y mettre.

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