samedi 13 avril 2024

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Un budget mais pas pour les pauvres

En Belgique, 15 % de la population est pauvre. C’est presque 1 habitant sur 7. Cela veut dire que ces personnes ne peuvent pas s’habiller assez chaudement pour l’hiver, se soigner correctement, vivre dans un logement décent ou même se nourrir à leur faim. Si l’on ajoute à cette population, les personnes qui ne sont pas pauvres mais presque, c’est 21 % de la population : un habitant sur 5 ! Pourtant dans nos sociétés, il existe des services et des allocations pour que nous puissions, toutes et tous, satisfaire nos besoins de base et mener une vie digne.

Des aides qui diminuent

C’est souvent l’État qui finance ces aides. Malheureusement depuis 30 ans, les différents gouvernements diminuent les allocations et les services. Ils veulent ainsi diminuer le déficit du budget de l’État. Mais, pour beaucoup d’associations et de syndicats, les gouvernements font trop d’économies sur le dos des travailleurs et des personnes pauvres. Le budget 2017, présenté par le gouvernement de Charles Michel, n’échappe pas à la règle. En voici quelques exemples.

Soins de santé

Pour les mutuelles : « Un tiers des trois milliards d’économies prévues se font sur le dos de la sécurité sociale, des patients, des prestataires et des allocataires sociaux. » Et les mutuelles déclarent même : « Ce gouvernement accélère encore la dérive vers une médecine à deux vitesses. C’est un recul social jamais vu depuis 10 ans. » Autrement dit, les plus riches peuvent bien se soigner et profiter des avancées de la médecine. Par contre, les moins riches ne pourront peut-être même pas avoir accès à un minimum de soins.

Bas salaires pour les jeunes

En Belgique, les travailleurs de moins de 21 ans gagnent moins que les travailleurs de plus de 21 ans. Depuis 2013, le gouvernement, les patrons et les syndicats s’étaient mis d’accord pour que les salaires des plus jeunes rattrapent les salaires des plus de 21 ans. Le gouvernement Michel fait marche arrière. Rappelons que le salaire minimum légal en Belgique est d’environ 1 500 euros bruts par mois. Ce n’est pas énorme vu le coût de la vie. Pourtant, un travailleur de 18 ans au salaire minimum ne touchera que 1 231 euros. A 19 ans, il ne touchera que 1 321 d’euros. À 20 ans, il ne touchera que touchera 1 411 euros.

Saut d’index

En Belgique, pour essayer de maintenir le pouvoir d’achat de la population, il y a l’ indexation automatique des salaires. Cela veut dire que les salaires et les allocations sociales augmentent quand le prix de certaines marchandises augmente. Mais en 2015, le gouvernement Michel a fait un saut d’index. Autrement dit, les prix des marchandises ont augmenté, mais pas les salaires et les allocations sociales. Heureusement, le gouvernement Michel n’a pas prévu de saut d’index en 2017. Mais le saut d’index, c’est 2 % de revenus en moins et cela a un effet pour toute la vie.
Pour les syndicats comme la FGTB : « Le saut d’index reste une des mesures les plus injustes et malhonnêtes du gouvernement Michel. Les travailleurs ont perdu 2 % de leurs revenus alors que le coût du panier de la ménagère continue d’augmenter, de même que les loyers, l’électricité et une série d’autres services. Ces 2 % de pouvoir d’achat sont perdus pour le reste de la carrière. Même ensuite, cela a un effet négatif sur la pension. Il en découle des situations où le pouvoir d’achat des travailleurs diminue de 2 % alors que le propriétaire peut indexer le loyer et l’assureur peut agir de même avec les polices d’assurance. Ceci augmente les difficultés financières pour de plus en plus de travailleurs salariés, de pensionnés, de malades et de chômeurs. »

Un budget mauvais

Pour les partis politiques opposés au gouvernement de Charles Michel, le budget du gouvernement est mauvais. Pour le Parti socialiste, le budget est déséquilibré : on demande peu aux patrons et au capital et beaucoup aux travailleurs et à la population. Pour le parti Ecolo : « La grande partie de l’effort est réalisée dans la sécurité sociale. Comme à l’habitude, le gouvernement est dur avec les malades, les retraités, les plus précarisés, et le gouvernement est faible face aux multinationales et aux plus riches. Le résultat est évident : plus d’inégalités et plus d’injustice, une fois encore. » Et pour le PTB : « Le gouvernement cherche de l’argent partout… sauf là où il est. Plutôt que de s’attaquer aux malades, aux salaires et aux pensions, c’est aux grandes fortunes qu’il fallait s’en prendre. Pas après-demain, mais aujourd’hui. »

Mais aujourd’hui, le gouvernement belge est de droite. Autrement dit, il ne va pas favoriser la sécurité sociale. Il va faire confiance aux patrons et à leurs entreprises pour créer de l’emploi, de la richesse et sortir les gens de la pauvreté. On peut quand même trouver une excuse au gouvernement de Charles Michel : les précédents gouvernements ont peut-être parfois été moins durs mais ont-ils vraiment fait beaucoup mieux ?

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